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dimanche 15 septembre 2024

Providence


Providence
 
En 1919, à la rédaction du New York Herald, les discussions vont bon train pour remplir au plus vite une demi-page avec un article de dernière minute, une publicité ayant été annulée. Le journaliste Robert Black veut bien réaliser un sujet et le choix se porte sur l'impact qu'a eu le livre Sous le monde, un roman qui aurait inspiré le célèbre Roi en Jaune de Robert Chambers. Pour donner corps au thème, Robert se remémore qu'un certain Docteur Alvarez a écrit un papier sur le livre et qu'il habite à New York. Le journaliste se rend donc à l'immeuble où l'homme est censé habiter. C'est Mme Ortega, la concierge qui lui ouvre. Elle porte un manteau de fourrure alors qu'il fait extrêmement chaud en ce moment. Elle conduit Robert Black jusqu'à l'appartement du Docteur Alvarez, mais prévient le journaliste qu'il fait très froid à l'intérieur et ce, afin d'éviter que la maladie du médecin ne se dégrade. Après un entretien fort instructif, Robert retourne à la rédaction, son idée d'article étant tombée à l'eau. Par contre, il lui est venu à l'idée de parcourir le pays à la recherche d'un ouvrage aux prétendues propriétés alchimiques...
 

Providence
Scénario : Alan Moore
Dessins : Jacen Burrows
Encrage : Jacen Burrows
Couleurs : Juan Rodriguez
Couverture : Jacen Burrows
Genre : Horreur, Fantastique
Editeur : Avatar Press
Titre en vo : Providence
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Mai 2015 – Avril 2017
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 16 août 2018
Nombre de pages : 544
 
Liste des épisodes
Providence 1-12
 
Mon avis :
 Il y a de cela quelques jours, j’avais eu l’occasion de vous parler d’un certain Neonomicon, œuvre du fameux Alan Moore qui, pour rappel, est sans nul doute un des plus grands auteurs de comics de ces quatre dernière décennies et qui, bien entendu, était un hommage aux œuvres du grand et cultissime Howard Phillips Lovecraft. Curieusement, j’avais été plutôt mitigé vis-à-vis de Neonomicon, la faute, peut-être, à une certaine exagération du sieur Moore qui avait fait basculer son hommage vers une pornographie pure et dure, me laissant pour le moins dubitatif. Cependant, Alan Moore n’en n’avais pas tout à finit avec Lovecraft puisque, quelques années plus tard, l’auteur britannique avait donné une suite a Neonomicon avec une œuvre encore plus ambitieuse, le fameux Providence dont je vais vous parler aujourd’hui. Bon, tout d’abord, je ne pouvais que remercier les  éditions Urban Comics pour avoir eu la bonne, que dis-je, l’excellente idée de publier l’intégrale de Providence il y a de cela quelques années. Excellente idée car, justement, se procurer les trois volets de ce comics était devenu chose fort compliquée depuis que quelques spéculateurs avaient décidé de faire main-basse sur l’intégralité du premier tome disponible et de proposer celui-ci a des prix tout bonnement prohibitifs – du genre 80 euros… Du coup, merci a Urban, donc, de me donner enfin l’opportunité de découvrir ce Providence qui me faisait de l’œil depuis quelques années et qui, a défaut d’être un chef d’œuvre absolu comme Watchmen ou d’autres créations de Moore, nous prouve une fois de plus que l’auteur britannique, lorsqu’il s’attaque a quelque chose, ne fait pas les choses a moitié ! Et d’ailleurs, sur ce point, peut-être un peu trop, mais je m’explique : Providence, indéniablement, est un bon, que dis-je, un formidable hommage a Lovecraft et a son univers, Alan Moore maitrise a merveille son sujet, connait la vie et les créations du reclus de Providence sur le bout des doigts et, au passage, nous propose ici une intrigue d’une complexité rare mais où chaque dialogue, chaque événement a parfaitement sa place. Le problème, justement, c’est cette complexité qui, bien souvent, prend le pas sur le plaisir même de la lecture, ainsi, si tous ces très longs passages de textes où le lecteur découvre le journal intime du protagoniste principal, le journaliste Robert Black, apporte un plus a l’histoire et s’avère nécessaire pour la compréhension de l’ensemble, l’extrême longueur de ces derniers font que le rythme de lecture est souvent cassé et que, par moments, un certain sentiment d’ennui peu se faire jour. Cela est fort dommage car Providence est intéressant et mérite franchement le détour, de plus, pour les fans de Moore, cette œuvre conclu de fort belle manière Neonomicon qui lui était loin d’être sans défauts, comme je l’avais souligné. Alors, que dire de Providence ? Faut-il tenter l’expérience ou pas ? En toute sincérité, je dirais oui, mais ce, uniquement si, a la base, vous connaissez Lovecraft et que ses œuvres vous sont familières ; si c’est le cas et que vous n’ayez pas peur de vous prendre la tête dans une lecture complexe, alors, foncez sans plus attendre, par contre, si ce n’est pas le cas, alors, ne perdez pas votre temps devant une œuvre qui vous fera plus bailler d’ennui qu’autre chose…
 

Points Positifs
 :
- Un excellent hommage de la part d’Alan Moore a HP Lovecraft et a son univers. Une fois de plus, l’auteur britannique fait preuve d’une maitrise impressionnante du sujet qu’il aborde et nous en livre une vision peu commune mais proche de la perfection de par ses connaissances et de la manière dont il traite tout cela.
- Si vous êtes un inconditionnel des créations de Lovecraft et que vous n’ayez pas peur de vous plonger dans une œuvre fort complexe, alors, Providence est fait pour vous – d’ailleurs, connaitre Lovecraft et son œuvre s’avère être primordial pour saisir toutes les références, les clins d’œil et les nombreux protagonistes qui parsèment ces pages.
- Comme cela avait déjà été le cas dans Neonomicon, Jacen Burrows livre une prestation artistique loin d’être époustouflante mais qui colle plutôt bien à l’ambiance.
- Le journal intime de Robert Black qui permet au lecteur de découvrir les pensées de ce dernier et de mieux saisir toutes les subtilités scénaristiques.
- Bonne idée de conclure Neonomicon par le biais de Providence.
 
Points Négatifs :
- Une lecture d’une complexité indicible – comme le dirait si bien Lovecraft. Il faut dire que la majeure partie de ces douze épisodes nous montrent surtout des personnages qui discutent entre eux, ajoutons a cela le journal intime de Robert Black qui est instructif mais bien souvent beaucoup trop long et vous comprendrez que lire Providence peut parfois être difficile… au point même de s’ennuyer par moments ? Je le pense, hélas…
- Providence est avant toute chose une œuvre destinée aux fans purs et durs de Lovecraft. Ainsi, si vous connaissez mal ou pas du tout les œuvres du maitre de l’horreur, alors, n’essayez même pas de vous plonger dans la lecture de ce comics, vous serez littéralement perdus et abandonnerez rapidement la partie…
 
Ma note : 8/10

jeudi 12 septembre 2024

Neonomicon


Neonomicon
 
Dans un hôtel minable à Brooklyn, l’agent fédéral Aldo Sax surveille la rue et se renseigne sur un club mal famé : le club Zothique. Le quartier est crasseux et le tout sent les embrouilles. Sa voisine de pallier, Germaine, est une schizophrène qui hurle dans la nuit et raconte ses effroyables cauchemars en parlant toute seule. L’agent est lui-même un flic très spécial : recruté par Carl Perlman, il enquête sur des histoires étranges et non élucidées. Il appelle d’ailleurs cela la théorie des anomalies : rechercher le petit grain de sable que personne ne remarque pour comprendre finalement qu’il se cache quelque chose de pas net. Cette fois, il doit résoudre une bien sinistre affaire : treize meurtres identiques avec des corps sauvagement découpés et de la même façon. L’anomalie est pourtant de taille : il ne s’agit pas du même tueur et les meurtriers, qui ont pourtant le même mode opératoire, ne se connaissent pas du tout ! Sax a du travail pour rassembler les différentes pièces de ce puzzle sombre et opaque. Et cela commence par une visite nocturne au club Zothique…
 

Neonomicon
Scénario : Alan Moore, Anthony Johnston
Dessins : Jacen Burrows
Encrage : Jacen Burrows
Couleurs : Juanmar
Couverture : Jacen Burrows
Genre : Horreur
Editeur : Avatar Press
Titre en vo : Neonomicon
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 07 novembre 2011
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 25 octobre 2013
Nombre de pages : 176

Liste des épisodes
Neonomicon Prologue, 1-4
 
Mon avis :
 Je pense ne pas me tromper en affirmant qu’il est, depuis longtemps, inutile de présenter Howard Phillips Lovecraft, mais bon, pour ceux qui ne le connaitraient pas encore, disons que le reclus de Providence est encore, près d’un siècle plus tard, considéré comme étant le maitre absolu de l’horreur, mais aussi, comme un auteur qui aura, bien malgré lui, créer toute une mythologie dont bien d’autres s’inspirent encore de nos jours. De même, je pense également ne pas me tromper en affirmant que pour ce qui est du sieur Alan Moore, il n’est guère utile de s’attarder sur lui, et ce, tant l’auteur britannique aura révolutionné, depuis quelques décennies, l’univers des comics. Du coup, la rencontre des deux hommes, ou, plutôt, voir le génialissime Moore aborder sa vision du mythe de Lovecraft promettait énormément, et ce, que l’on soit fan de l’un ou l’autre auteur, voir, comme dans mon cas, des deux, tout simplement. Alors, le résultat de ce Neonomicon fut-il à la hauteur de mes espérances ? Alan Moore aura-t-il réussi son paris et livrer un hommage a la hauteur du maitre de l’horreur ? Ma foi, disons que je serais assez mitigé quand au résultat final car si oui, incontestablement, cette mini série possède bien des atouts pour ravir les fans de Lovecraft, si oui, Moore use fort habilement de la cosmologie horrifique du maitre et parsème son récit de tout un tas de références qui raviront bien des souvenirs aux familiers de Lovecraft, de même, si comme a son habitude, le britannique en profite pour pointer du doigt quelques travers de notre société, il apparait que Neonomicon ne fait pas parti de ses meilleures créations. La raison ? Tout simplement parce que, a un moment donné, Alan Moore passe de l’horreur traditionnelle à la pornographie, et, sans être prude, sans que, en temps normal, quelques scènes un peu hard ne me gênent pas vraiment, vers la fin du récit, ce n’est plus qu’orgies et copulations monstrueuses a n’en plus finir. Certes, au vu du final, on comprend le propos de Moore, de même, son idée quand a l’existence des Anciens est plutôt originale, cependant, a un moment donné, trop c’est trop et il aurait peut-être été judicieux que l’auteur britannique se souvienne que dans les récits de Lovecraft, contrairement a ceux de Stephen King, par exemple, l’ambiance et ce qui était suggéré avait plus d’importance que ce qui était véritablement montrer. Cela est fort dommage, il est clair, tant la rencontre Moore/Lovecraft avait de quoi allécher le fan, espérons maintenant que Providence, autre incursion du premier dans l’univers du second soit plus réussie ? En tous cas, je place quelques espoirs sur cette série…
 

Points Positifs
 :
- Alan Moore maitrise à merveille l’univers de Lovecraft et nous le démontre plutôt bien en multipliant les références à la cosmologie de celui-ci et à ses nombreux récits. De plus, l’idée de jouer avec l’existence réelle de cette dernière et le fait que l’intrigue ait lieu à notre époque est plutôt une bonne chose.
- Entre un prologue fort réussi et une intrigue intelligente dans l’ensemble, Neonomicon est mérite indéniablement le détour.
- Pour ce qui est des dessins, Jacen Burrows livre une prestation loin d’être époustouflante mais qui colle plutôt bien à l’ambiance.
- C’est assez sanguinolent, certains éléments sont durs, voir très durs, mais bon, on est dans un récit horrifique.
- Une couverture plutôt réussie.
 
Points Négatifs :
- Mais pourquoi Alan Moore bascule-t-il, à un moment donné, dans la pornographie pure et dure !? Certes, j’aurais compris la présence de certaines scènes, y compris les plus dures et dérangeantes, cependant, celles-ci avaient-elles besoin de durer aussi longtemps ? Suggérer, en horreur, c’est ce qui marche le mieux, quand a montrer un peu, c’est toujours préférable que de nous abreuver jusqu’à la nausée d’orgies et de viols.
- Par la force des choses, voici donc une œuvre à ne pas mettre entre toutes les mains et qui n’est pas destinée au grand public.
 
Ma note : 7/10

vendredi 30 août 2024

Top 10


Top 10
 
Néopolis n'est pas une ville comme les autres. Elle est entièrement composée d'habitants possédant des pouvoirs spéciaux. Robyn Slinger est une jeune femme qui doit se rendre au commissariat du 10e arrondissement pour y effectuer sa première journée en tant que policière. Pour cela, elle prend un taxi et constate immédiatement que le chauffeur est un véritable danger pour les autres puisqu'il est aveugle ! Robyn arrive tout de même au Top 10 et y croise le capitaine Jetman qui lui présente son coéquipier, un type hors normes. Avec son air mal aimable, sa très grande taille, sa peau bleue et son invincibilité, Jeff Smax impressionne. Cela semble cousu de fil blanc mais leur première rencontre n'est pas vraiment très enthousiaste. Cependant, Robyn est persuadée que cela va bien se passer à terme. Envoyés sur une scène de crimes, les deux partenaires débutent leur enquête. Robyn dévoile alors ses talents à Smax en sortant d'une grosse boîte divers outils mécanisés relevant chacune des pistes laissées par l'assassin. Pas de quoi rendre Smax plus causant pour autant...
 

Top 10
Scénario : Alan Moore
Dessins : Gene Ha, Zander Cannon
Encrage : Kevin Cannon
Couleurs : Dan Brown, Alex Sinclair, Wildstorm FX, Art Lyon
Couverture : Alex Ross
Genre : Science-Fiction
Editeur : DC
Titre en vo : Top 10
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 07 avril 2015
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 11 décembre 2015
Nombre de pages : 656
 
Liste des épisodes
Top 10 1-12
Smax 1-5
The Forty Niners 1-2
 
Mon avis :
 Après vous avoir parlé de Tom Strong puis de l’excellent Promethea, abordons à présent le cas de la troisième création du génial Alan Moore se déroulant dans le même univers des œuvres précitées, je veux, bien entendu, parler de Top 10. Bon, on ne va pas se mentir, dans le cas présent, il faut reconnaitre que même si l’on est loin d’un chef d’œuvre comme Watchmen, cette mini-série sortit tout droit de l’imagination d’Alan Moore au tournant des années 90/2000 mérite largement que l’on s’y attarde, et ce, pour de multiples raisons toutes plus excellentes les unes que les autres. Il faut dire que dans la longue liste de créations du maitre, Top 10, aux yeux du grand public, n’est pas forcément la plus connue, Watchmen, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires ou From Hell, par exemple, étant des exemples qui sautent davantage a l’esprit. Pourtant, a la lecture de cette intégrale de chez Urban Comics il apparait grandement que, non seulement Top 10 mériterait de sortir un peu de l’anonymat mais que, surtout, après lecture de la chose, cette œuvre apparait comme étant une des plus amusantes du maitre tout en étant bourrés de références comme il est de coutume avec le sieur Moore. Pourtant, a la base, les critiques, que j’avais put lire ici et là étaient pour le moins mitigées, or, après coup, et même si je sais que les gouts et les couleurs ne se discutent pas, comment ne pas louer les immenses qualités d’une œuvre comme Top 10, comment ne pas lui donner la place qu’il mérite, c’est-à-dire, une saga qui mérite largement le coup et qui gagnerait à être davantage connue ? Car oui, Top 10 est bon, très bon même ! Œuvre typique d’Alan Moore, de part son traitement, ses obsessions, son gout pour les références et son coté barré assumé, Top 10 nous entraine dans une histoire qui avait pourtant tout pour être banale – le quotidien d’un commissariat avec ses hauts et ses bas – mais qui, en fait, ne l’est pas du tout – a Néopolis, tout le monde possède des superpouvoirs ! Et c’est là que le génie de Moore fait mouche car, dans une mégalopole où tout le monde possède des pouvoirs, quid donc d’une force de police, comment peuvent-ils agir et, au passage, comment empêcher tous ces individus de ne pas rendre justice eux-mêmes ? Bien évidement, sous le couvert de la vie des membres de la police de Néopolis et de leurs diverses enquêtes, Moore en profite pour glisser quelques thématiques bien senties comme, principalement, ce qu’est être un super-héros, mais l’auteur britannique va plus loin et tout en démontrant une fois de plus sa maitrise du média, il nous assène tellement de références que l’on finit par être noyées par celles-ci. Ajoutons à cela des protagonistes hauts en couleurs, des dessins de Gene Ha qui sont pour beaucoup pour la réussite de cette œuvre et l’on obtient un résultat final qui nous montre bien que Top 10 est tout sauf une œuvre mineure d’Alan Moore. De plus, histoire de ne pas en rester là, cette intégrale nous propose deux mini-sagas liées à l’œuvre principale : Smax, belle réussite qui se moque allègrement de l’Heroic Fantasy et le plus discutable – mais pourtant correct – The Forty Niners qui, lui, revient sur les origines de Néopolis.
 

Points Positifs
 :
- Avec Top 10, Alan Moore livre un formidable hommage à des séries comme NYPD Blues ou Hill Street Blues et le résultat est tout bonnement excellent. Il faut dire que nous montrer la vie d’un commissariat de police dans une cité où tous ses habitants possèdent des superpouvoirs ajoute du sel à l’intrigue.
- Les relations entre les personnages, ces derniers étant variés et plutôt charismatiques, l’avancement des diverses intrigues, les enquêtes, les questions que tout cela entraine, bref, on dévore avec plaisir ces douze épisodes.
- Alan Moore a l’habitude de nous asséner moult références et autres clins d’œil a tout un tas d’œuvres, mais dans le cas présent, il y en a à chaque page voir presque a chaque case, au point même qu’il faudrait bon nombre de lectures pour toutes les repérées, et encore…
- Les dessins de Gene Ha, tout simplement parfaits et qui sont pour beaucoup pour la réussite de cette série.
- La mini-série Smax est un pur bijou pour la manière dont Moore se moque de l’Heroic Fantasy dans celle-ci. Cependant, à sa lecture, certaines thématiques plus profondes y apparaissent.
- The Forty Niners est loin d’être aussi inintéressant que certains ont put le décrire et, au passage, entre le style rétro et le beau message de tolérance qu’elle livre, cette mini-série mérite le détour.
- Une intégrale que l’on peut qualifier de parfaite : Urban ne se moque pas du monde !
 
Points Négatifs :
- Bon, il ne faut pas se voiler la face : si vous ne posséder pas de grandes connaissances en comics, alors, vous passerez a coté de la quasi-intégralité des références qui apparaissent dans les pages de cet album, ce qui, au passage, enlève une partie de l’intérêt a celui-ci.
- Même si The Forty Niners n’est pas mauvais, il apparait comme étant à des années lumières de Smax et de, bien entendu, Top 10.
- On ne peut pas vraiment dire que les dessins de Smax soient les plus époustouflants qu’il m’ait été donné d’admirer…
 
Ma note : 8/10

mardi 27 août 2024

Promethea – Tome 3


Promethea – Tome 3
 
Sophie Bangs se réveille dans son lit, chez sa mère qu'elle est heureuse de retrouver. Elle revient de l'Immateria. Elle est de retour sur Terre après son voyage mystique. Alors, elle repart vers son lycée, de façon tout à fait normale : mais sa mère s'inquiète. Elle n'en revient pas que sa fille soit Promethea, elle a peur que cela la fasse échouer dans ses études. Sophie la rassure et lui rappelle une chose : son apparence de Promethea doit rester un secret entre elles deux, pas question de l'ébruiter. Lorsqu'elle arrive au lycée, Sophie croise Stace. Enthousiaste, elle fonce vers son amie pour lui raconter sa fabuleuse expérience, qui était incroyable ! Elle veut partager cela avec elle. Mais la jeune femme aux cheveux roses l'ignore complètement. Sophie ne comprend pas : c'est bon maintenant, elle peut reprendre son rôle de Promethea qu'elle lui avait confié lors de son absence. Sauf que Stace ne voit pas les choses de cette façon, et il n'est pas question que Sophie le reprenne. Elle restera Promethea, pour rester auprès de Grace. Cette altercation va provoquer un véritable raz de marée, qui risque d'impacter l'humanité toute entière...
 

Promethea – Tome 3
Scénario : Alan Moore, Chris Sprouse
Dessins : J.H. Williams III, Eric Shanower, Rick Veitch, Chris Sprouse, Al Gordon
Encrage : Mick Gray, Andrew Pepoy, Karl Story
Couleurs : Jeremy Cox, José Villarrubia, Tad Ehrlich
Couverture : J.H. Williams III
Genre : Fantasy, Contes de Fées, Mythologie
Editeur : DC Comics
Titre en vo : Promethea – vol 3
Pays d’origine : Grande-Bretagne, Etats-Unis
Langue d’origine : anglais
Parution : 22 décembre 2020
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 15 octobre 2021
Nombre de pages : 368
 
Liste des épisodes
Promethea 24-32
Tomorrow Stories Special 1-2
Tom Strong 36
America’s Best Comics Special 1
 
Mon avis :
 Troisième et dernière intégrale de Promethea, sans aucun doute possible, un des chefs d’œuvres du grand Alan Moore, incontestablement, le plus grand auteur de comics de ces quatre dernières décennies et qui, au fil des ans, nous aura offert de pures merveilles comme Watchmen, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, mais aussi V for Vendetta, From Hell ou Filles Perdues, pour ne citer que quelques exemples parmi les plus connus. Il faut dire que, depuis les débuts de Promethea, je suis allé de surprises en surprises et alors que je m’attendais à une œuvre, dans sa conception, plus ou moins semblable à Tom Strong et si, effectivement, les premiers épisodes pouvaient le laisser sous-entendre de par leur structure narrative, l’univers proposé et certains protagonistes, dès la fin de la première intégrale, j’avais compris que, ici, les choses allaient être un poil plus compliquées, un poil plus folles, un poil plus… comment dire… grandioses ! Car oui, et la seconde intégrale le confirma fort bien avec ce long voyage de Promethea dans les sphères de l’au-delà, Alan Moore, ici, nous offre une création qui est aux antipodes des comics traditionnels et même si, avec le britannique, cela fait longtemps que l’on a compris que chacune de ses œuvres peut-être qualifiée ainsi, dans le cas de Promethea, reconnaissons que l’auteur aura fait fort, très fort même et que, ici, il nous aura entrainer dans une intrigue complètement barrée où se mêlent imagination, mythes et légendes, magie, réflexions sur la philosophie, sur la divinité, sur la place de l’Homme dans l’univers, le tout, saupoudré d’une multitudes de références qui ont de quoi perdre bien des lecteurs. A cela, ajoutons le partit pris graphique de  J.H. Williams III qui débute par un style plutôt conventionnel avant de partir dans tous les sens, multiplier les folies graphiques, rendre moult hommages aux grands noms de l’art toutes époques confondues, bousculer les conventions et faire de, quasiment chacune de ses planches, par moments, de véritables œuvres d’art et vous comprendrez a quel point Promethea est une œuvre à part. Quand à cette troisième intégrale qui, donc, apporte une conclusion à la saga, que dire à son sujet ? Eh bien, disons que sans rentrer dans les détails, histoire de ne pas dévoiler l’intrigue, ici, il sera surtout question de fin du monde, d’Apocalypse, du moins, dans son sens premier du terme et que, si cette dernière intégrale est très différente de ses devancières – comme, finalement, la seconde l’avait été de la première – si, dans celle-ci, Alan Moore va encore plus loin que d’habitude dans ses délires mystiques, au point même de perdre encore plus de lecteurs au passage – je le reconnais, j’ai eu du mal sur la fin, c’est pour dire – il n’en reste pas moins que ce final de Promethea est à la hauteur du reste de la saga et confirme, définitivement, celle-ci comme étant un des plus magnifiques et stupéfiants chef d’œuvres du grand Alan Moore !
 

Points Positifs
 :
- Probablement une des œuvres les plus singulières du grand et génial Alan Moore – une de plus me direz vous ! Il faut dire que Promethea est un comics qui nous entraine dans une intrigue complètement folle où se mêlent contes de fées, légendes, littérature, poèmes, magie et même, sous forme de clin d’œil, les super-slips. Bref, un pur chef d’œuvre !
- C’est complexe, bourré de références à l’histoire de la culture populaire et des mythes et légendes dans le sens le plus large du terme, cependant, si vous possédez quelques bonnes connaissances et que vous êtes fan du genre, alors, la lecture de ce troisième volet de Promethea sera un pur régal pour vous.
- Une troisième intégrale qui nous parle surtout de fin du monde, d’Apocalypse, ce, dans le sens premier du terme, c’est-à-dire, de Révélation. C’est complexe, très complexe même, Moore va très loin dans ses délires métaphasiques, cependant, la conclusion, si l’on comprend où veut en venir l’auteur, est géniale !
- Pour ce qui est des dessins, J.H. Williams III réalise à nouveau une prestation pour le moins stupéfiante ! Ainsi, l’artiste bouscule complètement les codes du genre et chaque planche, chaque case, quasiment, est d’une inventivité folle qui émerveille les yeux du lecteur. Qui plus est, le sieur Williams III s’inspire ici de multiples artistes et ose des expériences graphiques peu communes lors de chaque épisode. Bref, une des grandes forces de ce comics, indéniablement…
- Les fans de Tom Strong seront ravis de voir celui-ci apparaitre dans ces derniers épisodes de Promethea et de voir, ainsi, le lien qu’il y a entre les deux œuvres.
- Les éditions Urban Comics nous livrent ici une intégrale de fort belle qualité avec cette couverture en cuir rouge.
 
Points Négatifs :
- Bon, je dois reconnaitre que, dans cette troisième intégrale, Alan Moore va tellement loin dans ses délires mystiques et multiplie tellement les références métaphysiques et autres qu’il est très facile de s’y perdre. D’ailleurs, si, jusque là, je m’étais plutôt accrocher, là, je dois reconnaitre que j’ai eu un peu de mal même si je comprends où l’auteur souhaitait en venir.
- Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire de la culture populaire s’avère nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce Promethea, sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui parsèment les presque 400 pages de cet album.
- Le grand public, adepte de super-slips, fuira comme la peste ce Promethea qui est d’une complexité peu commune en comparaison de ce qu’ils sont l’habitude de lire…
 
Ma note : 8/10

jeudi 22 août 2024

Promethea – Tome 2


Promethea – Tome 2
 
Sophie Bangs est dans un parc avec sa meilleure amie Stace, et elle essaie de lui faire comprendre quelque chose d'important, de profond, et qui la dépasse. Et visiblement, Stace n'est pas sensible à ce que lui raconte Sophie. Elle essaie de lui expliquer qu'au-delà du monde matériel, il existe d'autres mondes immatériels, et qu'elle s'apprête à partir pour un long voyage, à quitter la Terre. Alors, elle demande de la serrer une dernière fois dans ses bras... Et soudain, Stace se retrouve dans un autre environnement qui lui est complètement inconnu, accompagnée par Sophie qui s'est de nouveau incarnée en Promethea. Promethea fait avancer Stace dans un monde étrange, où la jeune femme découvre même l'itinéraire pour aller vers l'au-delà. Promethea ajoute d'ailleurs qu'elle en aura bientôt besoin ... Les deux amies finissent par arriver au sein du cercle, regroupant toutes les personnes qui ont incarné Promethea au fil des époques. Et elles sont surprises, et même énervées, de voir que Sophie a emmené une inconnue humaine dans cet endroit mystique et préservé. Mais si elle a emmené Stace ici, c'est pour une bonne raison. Sophie s'apprête à partir à la recherche de Barbara, l'une des leurs, qui s'est égarée et n'est jamais revenue. En son absence, Grace fusionnera à nouveau avec Stace, et la remplacera en tant que Promethea sur Terre. Ainsi, Sophie pourra partir dans l'au-delà, à la recherche de Barbara, elle-même à la recherche de son mari, dans un voyage qui s'annonce long et périlleux.
 

Promethea – Tome 2
Scénario : Alan Moore
Dessins : J.H. Williams III
Encrage : Mick Gray
Couleurs : Jeremy Cox, J.H. Williams III
Couverture : J.H. Williams III
Genre : Fantasy, Contes de Fées, Mythologie
Editeur : DC Comics
Titre en vo : Promethea – vol 2
Pays d’origine : Grande-Bretagne, Etats-Unis
Langue d’origine : anglais
Parution : 31 décembre 2019
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 05 mars 2021
Nombre de pages : 352
 
Liste des épisodes
Promethea 13-23
 
Mon avis :
 Dans ma critique de la première intégrale de Promethea, j’avais déjà eu l’occasion de vous dire tout le bien que je pensais de cette énième création du génialissime Alan Moore, sans aucun doute possible, le plus grand auteur de comics de ces dernières décennies (ce, n’en déplaise aux intégristes qui ne jurent que par les super-slips et leur navrante simplicité scénaristique) et qui, au fil des années, nous aura offert quelques chef d’œuvres comme  Watchmen, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, V for Vendetta, From Hell ou Filles Perdues, ce, pour ne citer que quelques exemples parmi les plus évidents. Inclassable, franchement barré, ce premier volet de Promethea, après un début plutôt classique, était rapidement partit dans tous les sens, nous proposant, épisodes après épisodes, tout un tas de nouveautés pour le moins inattendues, moult références sur la culture populaire, les contes et légendes, la magie, le tout, complètement magnifié par les dessins hors norme d’un J.H. Williams III en état de grâce, l’artiste n’hésitant jamais à sortir des sentiers battus pour nous proposer moult innovations graphiques dans ses planches. Ceci étant dit, quid, donc, de cette seconde intégrale ? La première chose que l’on pourrait se dire, c’est que l’effet de surprise est passé, or, pour une fois, on peut affirmer, sans la moindre contestation, que ce n’est pas le cas… En effet, dans ces dix nouveaux épisodes proposés par les sieurs Moore et Williams III, c’est à un formidable et onirique voyage que l’on nous amène, un voyage stupéfiant que va entreprendre Promethea parmi les sphères de l'au-delà pour retrouver son amie Barbara, et accompagner cette dernière dans sa quête de la recherche de son mari disparu. En chemin, elles vont croiser des divinités de tout horizon, de multiples symboles, tandis que les références historiques et mythologiques seront omniprésentes… En plus d'être un récit complexe, détaillé, qui ne fait pas appel à notre rationalité, il faut tout de même avoir en tête un certain nombre de connaissances pour saisir toutes les allusions et leurs significations. Graphiquement très chargées en texte et en éléments d'illustration, notre esprit a parfois du mal à décortiquer les planches et à les comprendre. Par ailleurs, les auteurs se sont amusés et se sont lancés dans des expérimentations graphiques peu communes, qui complexifient notre lecture – passage d'une lecture horizontale à une lecture verticale ou cheminement des personnages qui nous pousse à retourner le livre pour lire dans tous les sens. Bref, vous l’avez compris, cette seconde intégrale de Promethea s’avère être résolument dense, et s'adresse une nouvelle fois à un public motivé et aguerri, cependant, si c’est le cas et que vous êtes un familier d’Alan Moore, alors, celle-ci vous permettra de confirmer, une fois de plus, tout le talent scénaristique du britannique, ce, tout en découvrant une héroïne peu commune, inclassable et qui, ma foi, réserve encore bien des surprises…
 

Points Positifs
 :
- Probablement une des œuvres les plus singulières du grand et génial Alan Moore – une de plus me direz vous ! Il faut dire que Promethea est un comics qui nous entraine dans une intrigue complètement folle où se mêlent contes de fées, légendes, littérature, poèmes, magie et même, sous forme de clin d’œil, les super-slips. Bref, un pur chef d’œuvre !
- C’est complexe, bourré de références à l’histoire de la culture populaire et des mythes et légendes dans le sens le plus large du terme, cependant, si vous possédez quelques bonnes connaissances et que vous êtes fan du genre, alors, la lecture de ce second volet de Promethea sera un pur régal pour vous.
- Une seconde intégrale qui nous entraine dans un très long voyage parmi les sphères de l'au-delà dans une quête métaphysique complexe, onirique et oh combien fascinante. Du grand art, tout simplement !
- Pour ce qui est des dessins, J.H. Williams III réalise à nouveau une prestation pour le moins stupéfiante ! Ainsi, l’artiste bouscule complètement les codes du genre et chaque planche, chaque case, quasiment, est d’une inventivité folle qui émerveille les yeux du lecteur. Qui plus est, le sieur Williams III s’inspire ici de multiples artistes et ose des expériences graphiques peu communes lors de chaque épisode. Bref, une des grandes forces de ce comics, indéniablement…
- Les éditions Urban Comics nous livrent ici une intégrale de fort belle qualité avec cette couverture en cuir rouge.
 
Points Négatifs :
- Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire de la culture populaire s’avère nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce Promethea, sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui parsèment les presque 400 pages de cet album.
- Le grand public, adepte de super-slips, fuira comme la peste ce Promethea qui est d’une complexité peu commune en comparaison de ce qu’ils sont l’habitude de lire…
 
Ma note : 9/10

vendredi 16 août 2024

Promethea – Tome 1


Promethea – Tome 1
 
Sophie Bangs est une étudiante New-Yorkaise studieuse. Pour la rédaction d'un devoir, elle a choisi de s'intéresser à la figure mythique et emblématique de Promethea. Cette héroïne mythologique a été, à de maintes reprises, réutilisée et transformée, adaptée par différents auteurs qui se sont appropriés cette femme en la modelant par rapport à leurs fantasmes et à leur vision de la femme contemporaine. Elle apparaîtra pour la première fois dans les textes de Charlton Sennet qui la décrira comme une fée magnifique, avec qui il aura une idylle. En remontant ce lien, bien différent, entre les auteurs et la figure de Promethea, le chemin de Sophie s'est arrêté sur l'écrivain le plus récent qui l'aborde dans ses écrits. Cet homme, décédé quelques années auparavant, se nommait Shelley. Pour creuser son sujet autour de Promethea, Sophie va rencontrer Barbara, la veuve de Shelley, à qui elle veut poser quelques questions, mais qui ne va pas vraiment apprécier cette brève entrevue... En rentrant chez elle sans la moindre information, Sophie est attaquée par un sombre démon. Ne pouvant rien faire pour se défendre, elle va finalement voir apparaître Barbara qui a pris les traits de Promethea ! Sophie n'en croit pas ses yeux... Comment cela est-il possible ? Alors Barbara lui explique alors que la fiction peut devenir réalité, si elle y croit suffisamment, et qu'elle raconte la légende de cette figure mythique. Sophie va alors écrire un poème... et se transformer elle-aussi en cette fameuse Promethea… En devenant la nouvelle incarnation de cette déesse, elle a maintenant en elle un grand pouvoir qu'elle doit apprendre à maîtriser et à affiner.
 

Promethea – Tome 1
Scénario : Alan Moore
Dessins : J.H. Williams III, Charles Vess, José Villarrubia
Encrage : Mick Gray
Couleurs : Jeremy Cox, Nick Bell, Alex Sinclair, Wildstorm Fx, Digital Chameleon
Couverture : J.H. Williams III
Genre : Fantasy, Contes de Fées, Mythologie
Editeur : DC Comics
Titre en vo : Promethea – vol 1
Pays d’origine : Grande-Bretagne, Etats-Unis
Langue d’origine : anglais
Parution : 12 mars 2019
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 27 novembre 2020
Nombre de pages : 384
 
Liste des épisodes
Promethea 1-12
 
Mon avis :
 Je pense ne pas me tromper en affirmant que le britannique Alan Moore est le plus grand nom de l’industrie des comics. Complètement génial, doté d’une culture peu commune, osant aller là où la quasi-totalité de ses pairs n’ose même pas franchir le pas de la porte, le magicien, comme certains l’ont surnommé, est non seulement un véritable ovni parmi les scénaristes de bandes dessinées mais aussi et, surtout, un auteur qui, au fil des décennies, nous aura offert moult chef d’œuvres incontournables. Bien évidement, ses créations, originales et complexes, bourrées de références a l’univers des comics et, dans un sens plus large, à la culture populaire – principalement du vingtième siècle mais sans oublier de grands auteurs du passé ainsi que des contes et des légendes du monde entier – n’ont jamais été destinées au grand public, ce dernier lui préférant, la simplicité d’un Stan Lee et la bêtise traditionnelle des super-slips. Mais une frange du public, moins nombreuse, bien entendu, s’en moquent bien et se délectent depuis longtemps d’œuvres aussi magistrales que Watchmen, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, V for Vendetta, From Hell ou Filles Perdues… Mais si, ici, je vous ai parler de quelque unes de ses créations les plus connues, Alan Moore, auteur pour le moins prolifique, aura été un touche à tout de génie et, au tournant du siècle, le britannique aura pondu pour Wildstorm trois œuvres qui auront, elles aussi, marquées les esprits, ce, même si elles sont toutes assez différentes dans leurs conceptions : Tom Strong, Top Ten dont je vous parlerais bientôt et, bien entendu, ce fameux Promethea dont je vais vous parler aujourd’hui… Bon, je ne vais pas vous mentir, des trois, Promethea était, sans aucun doute, celui que j’attendais le plus et vous pouvez imaginez ma joie lorsque les éditions Urban Comics nous l’ont proposé en trois intégrales. Un bien bel objet, par ailleurs, avec cette couverture blanche, sobre et fort agréable au touché et dont le contenu, ma foi, est une véritable merveille… Car bon, comment dire, ici, nous embarquons dans un voyage mythologique, mystique, magique, fantaisiste, aux origines de Promethea, une demi-déesse dont on fait la connaissance dans ce premier volume et qui est, probablement, une des créations les plus folles d’Alan Moore. Ce titre, mine de rien, a tout de même plus de vingt ans et conserve pourtant une fraîcheur et une actualité parfois déconcertantes et, dans celui-ci, Alan Moore expérimente, ce, dans tous les sens du terme : tant dans son scénario, très dense, souvent alambiqué et pourtant fascinant, que dans le choix de son illustrateur, le génial J.H. Williams III, qui prend de nombreuses libertés avec la construction de ses pages, ce qui se ressent au cours de la lecture. Celle-ci sera parfois verticale, parfois horizontale, et nous sommes même amenés à tourner l'ouvrage pour lire certains chapitres ! Ces auteurs prennent des risques, ne se formalisent pas des codes traditionnels des comics, et abordent une pluralité de sujets et de thématiques, en laissant une place prépondérante aux femmes, aux héroïnes, mais aussi à l'imagination qui aura un rôle central dans le récit. Il sera également appréciable de noter un grand nombre de références graphiques et scénaristiques à l'Histoire et aux mondes de la littérature – comme l'indique, par exemple, le nom de cette Shelley – des comics, des mythes, des contes de fées, de la magie et de l'art en général. Un ouvrage riche et complexe, qui débute avec une trame somme toute assez classique avant de partir dans des réflexions presque philosophiques qui peuvent parfois nous perdre, ce qui est aussi, parfois, la signature de Moore. Bref, vous l’avez compris, Promethea est une véritable merveille qui frôle avec la perfection, qui fourmille d’idées stupéfiantes quasiment à chaque page et qui démontre, une fois de plus, qu’Alan Moore est un véritable génie. Bien évidement, ce comics ravira les fans du britannique et découragera les novices et le grand public en général, mais bon, si vous faites partie de la première catégorie, le bonheur sera au rendez vous et, ma foi, c’est le principal !
 

Points Positifs
 :
- Probablement une des œuvres les plus singulières du grand et génial Alan Moore – une de plus me direz vous ! Il faut dire que Promethea est un comics qui nous entraine dans une intrigue complètement folle où se mêlent contes de fées, légendes, littérature, poèmes, magie et même, sous forme de clin d’œil, les super-slips. Cela débute pourtant d’une manière plutôt classique et, assez rapidement, les épisodes s’enchainent, tous plus différents et fous les uns que les autres. Bref, un pur chef d’œuvre !
- C’est complexe, bourré de références à l’histoire de la culture populaire et des mythes et légendes dans le sens le plus large du terme, cependant, si vous possédez quelques bonnes connaissances et que vous êtes fan du genre, alors, la lecture de ce premier volet de Promethea sera un pur régal pour vous.
- Il y a tout de même quelques épisodes complètement fous comme, par exemple, celui où Promethea fait l’amour avec un vieux sorcier pour le moins dégoutant ainsi que celui-ci où l’histoire du monde, de l’évolution humaine et de la magie nous est racontée par le biais de cartes de Tarot. Mais où est-ce qu’Alan Moore va chercher tout cela !?
- Pour ce qui est des dessins, J.H. Williams III réalise une prestation pour le moins stupéfiante ! Pourtant, au début, on se dit que l’on a affaire a un artiste de comics plutôt typé années 90 et, assez rapidement, on se rend compte que celui-ci bouscule complètement les codes du genre et que chaque planche, chaque case, presque, est d’une inventivité folle qui est presque du jamais vu dans le genre. Bref, une des grandes forces de ce comics, indéniablement…
- Les éditions Urban Comics nous livrent ici une intégrale de fort belle qualité avec cette couverture en cuir blanc.
 
Points Négatifs :
- Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire de la culture populaire s’avère nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce Promethea, sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui parsèment les presque 400 pages de cet album.
- Le grand public, adepte de super-slips, fuira comme la peste ce Promethea qui est d’une complexité peu commune en comparaison de ce qu’ils sont l’habitude de lire…
 
Ma note : 9/10