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vendredi 24 mai 2024

All-Star Superman


All-Star Superman
 
Le docteur Leo Quintum et son équipe sont en train d'explorer la surface du soleil. Tout se passe pour le mieux, jusqu'à ce que l'un de ses assistants se révèle être un sbire de Lex Luthor et pire encore : une bombe humaine. Venant de la Terre à grande vitesse, Superman sauve l'équipage de justesse, mais il ne sort pas indemne de ce contact rapproché avec le soleil. D'après les recherches postérieures au sauvetage de Quintum, le super héros est en passe d'acquérir de nouvelles capacités. Mais cela a un coût. En effet, on annonce à Superman que sa mort est proche. De retour sur Terre, Clark ne peut décemment continuer de cacher la vérité sur son identité secrète à Loïs et il lui avoue tout. La journaliste du Daily Planet a du mal à se faire à cette idée... mais devant les démonstrations du kryptonien, le doute n'est plus permis. Il emmène ensuite Loïs dans sa forteresse secrète et lui montre divers objets. Superman conserve même une surprise à la jeune femme : une tenue de super héroïne. Pour son anniversaire, Clark a créé un sérum capable d'octroyer à Loïs les mêmes pouvoirs que les siens, durant une journée entière.
 

All-Star Superman
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Frank Quitely
Encrage : Jamie Grant
Couleurs : Jamie Grant
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-héros
Editeur : DC
Titre en vo : All-Star Superman
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : novembre 2005 – octobre 2008
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 07 juin 2013
Nombre de pages : 320
 
Liste des épisodes
All-Star Superman 1-12
 
Mon avis :
 Je pense ne pas me tromper en affirmant que le meilleur comics de Superman de ces vingt dernières années est, sans aucune discussion possible, ce All-Star Superman, œuvre du duo composé de Grant Morrison et de Frank Quitely, qui est, pour rappel, l’un des plus doués de ces dernières décennies – il suffit de ce souvenir de New X-Men pour s’en convaincre. Une œuvre a part, qui n’a pas a se soucier des limites habituelles de la sacrosainte continuité, ce qui donne libre court a Morrison de pouvoir nous proposer sa propre vision du personnage, de sa mythologie, tout en partant d’un postulat de départ qui aurait été impossible dans la série régulière, c’est-à-dire, le fait que Superman, condamner a mort, va mourir, et que cette fois ci, rien ne pourra empêcher cela ! Du coup, comme cette mini-série n’a aucune incidence sur la continuité, les auteurs s’en donnent a cœur joie et disposent d’une liberté absolue sur l’intrigue, ce qui, accessoirement, amènera celle-ci vers des sommets narratifs qui en étonneront plus d’un, même si, il faut le reconnaitre, si vous êtes familier du travail de Morrison, vous serez en terrain familier. Ainsi, comme à son habitude, l’écossais nous offre un scénario oh combien complexe, original et respectueux de la mythologie de son héros du moment : le fan de Superman y retrouvera protagonistes, lieux et événements qui ont jalonné la très longue carrière de ce dernier, et, ma foi, une fois de plus, bien malin sera celui qui découvrira toutes les références – oh combien légions – qui parsèment ces pages. Car oui, et même si ont peut lire ce All-Star Superman tout en étant un néophyte, cette mini-série prend toute sa saveur si l’on connait un tant soit peu le héros et son univers, franchement sublimés tout au long de ces douze épisodes. De plus, en décidant de faire l’impensable, c’est-à-dire, de condamner a mort Superman, Morrison frappe fort et juste, ce qui nous donne un récit touchant par moments. Comme en plus, les dessins sont l’œuvre d’un autre écossais, le sieur Frank Quitely et que ce dernier est plus en forme que jamais, le résultat final de ce All-Star Superman s’avère être à la hauteur de nos espérances, même si, il faut le reconnaitre, par moments, tout cela s’avère être un peu compliquer a suivre – souci qui reviens régulièrement avec Morrison d’ailleurs. Mais bon, au final, All-Star Superman est une excellente mini-série, a la fois respectueuse de la mythologie Superman mais qui réinvente également celle-ci, une belle réussite comme on aimerait en voir plus souvent et qui, accessoirement, nous prouve que libérés du carcan de la continuité, certains auteurs sont capables de se sublimés et de nous pondre de purs chef d’œuvres avec des personnages dont, sincèrement, on n’attendait plus grand-chose tellement on croyait tout connaitre a leurs sujets !
 

Points Positifs
 :
- Sans nul doute le scénario de Grant Morrison qui revisite totalement la mythologie de Superman tout en partant du postulat de départ que ce dernier est condamné a mort et, surtout, que cette fois ci, il ne s’en sortira pas ! C’est osé mais oh combien efficace !
- Comme a chaque fois avec Morrison, son synopsis est bourré d’une multitude de références qui raviront les fans et les spécialistes des comics. D’ailleurs, bien malin qui les retrouvera toutes tellement elles sont nombreuses.
- Une mini-série à lire et, surtout, a relire car c’est justement là que l’on saisit le mieux toute la complexité du scénario.
- Avec Frank Quitely aux dessins, Morrison retrouve son dessinateur fétiche et le résultat est tout bonnement somptueux, l’écossais livrant une prestation à la hauteur de son talent.
- Sur ce point, le traitement fait entre les différences entre Superman et Clark Kent est tout bonnement excellent, tout partant tout simplement d’une question de posture.
- On retrouve bien entendu une foule de personnages familiers comme Lois Lane, Lex Luthor, Jimmy Olsen, etc. Mais les quelques petits nouveaux comme le docteur Leo Quintum, principalement, marquent les esprits.
- Malgré le coté dramatique de la chose – après tout, Superman va mourir – Morrison réussit la gageure de nous pondre certains passages franchement drôles ; d’ailleurs, l’équivalent de la Justice League sur la Planète Bizarro est un pur régal !
 
Points Négatifs :
- Certes, le néophyte peut se lancer dans la lecture de ce All-Star Superman, cependant, il passera a coté d’énormément de choses s’il n’est pas un familier du super-héros portant fièrement son slip par-dessus son pantalon.
- Comme souvent avec Morrison, pour ne pas dire à chaque fois, le scénario peut s’avérer d’une complexité peu commune. Il faut dire que l’auteur n’a jamais été du genre à faire simple alors qu’il peut faire compliquer…
 
Ma note : 9/10

jeudi 11 janvier 2024

New X-Men – Planète X


New X-Men – Planète X
 
Lors d'une intervention dans l'espace, Wolverine reste sur le carreau. Alors que Cyclope et Fantomex ne savent plus où chercher, Jean est prête à partir de l'école des mutants pour le sauver. Seulement, quelque chose ne se passe pas comme prévu. Le professeur Xavier est en train d'utiliser Cerebra lorsque Xorn rentre et détruit la machine. Il ne s'arrête pas là et utilise son pouvoir pour que Charles retrouve son handicap, perdant ainsi ses jambes. Xorn n'est pas le professeur qu'il disait être. Sous la tête du robot se cache en réalité Magneto qui tient là l'occasion parfaite de prendre la tête du mouvement mutant. Simultanément, dans l'espace, Jean retrouve Wolverine coincé dans un astéroïde. Tous deux ignorent que sur Terre, la situation se détériore très vite et que Magneto est en train de vouloir faire un nouveau Génosha. Il est en train de réunir de plus en plus de monde autour de lui, car l'Humanité est sa cible...
 

New X-Men – Planète X
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Phil Jimenez, Marc Silvestri
Encrage : Andy Lanning, Simon Coleby, Batt, Joe Weems, Billy Tan, Eric Basaldua, Tim Townsend
Couleurs : Chris Chuckry, Steve Firchow, John Starr, Matt Milla, Beth Sotelo, Brian Buccelato, Frank D’Armata
Couverture : Marc Silvestri
Genre : Super-héros
Editeur : Marvel
Titre en vo : New X-Men – Planet X
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Novembre 2003 – Mai 2004
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 11 juin 2014
Nombre de pages : 224

Liste des épisodes
Planet X – New X-Men 146-150
Here Comes Tomorrow – New X-Men 151-154
 
Mon avis : 
Quatrième et dernier volet de l’intégrale du cultissime run de Grant Morrison chez les X-Men – alors appelé New X-Men – ce Planète X conclu magistralement une série qui, depuis le départ du scénariste britannique, n’a plus jamais connu les sommets qui furent alors les siens. Il faut dire que la faute en incombe énormément à Marvel, les têtes pensantes de la Maison des Idées ayant tout fait, ensuite, pour saboter le travail de Morrison chez les X-Men ; ainsi, entre le retour au statu-quo qui suivit, l’abandon de pas mal de personnages ou leurs dénaturations, sans oublier, de façon accessoire, la mise en avant des Avengers et des séries qui leur sont liées par la suite, il est clair que depuis plus de dix ans, nos enfants de l’atome n’ont pas eu la tache aisée pour retrouver les sommets. La chose, bien sur, est fort dommageable, mais bon, heureusement qu’il existe de tels albums pour pouvoir se replonger dans une saga qui, indéniablement, aura marqué son époque… Et si jusque là, tout au long du run de Morrison, on frôlait par moments la perfection, ici, dans ce quatrième tome, le britannique va encore plus loin, poussant à la fois nos mutants et ses lecteurs dans leurs tous derniers retranchements, et je pèse mes mots. Car oui, d’entrée de jeu, en partant d’un postulat mille fois utilisé dans la série – une opposition X-Men/Magnéto – ce diable de Morrison réussi l’exploit de, non seulement, renouveler celle-ci, mais, qui plus est,  de nous offrir ce qui restera comme étant le plus aboutie, la plus marquante, la plus… réussie ! Alors bien sur, on sait, après coup, que ce n’était pas vraiment Magneto mais Xorn (les têtes pensantes de Marvel sont passés par la), d’ailleurs, le premier nommé se porte comme un charme ses temps ci et a même rejoint l’équipe de Cyclope, mais si l’on doit être totalement objectif, si l’on souhaite lire ce récit, ce fameux Planète X tel que Morrison l’a créer, alors oui, il s’agit bel et bien du Maitre du Magnétisme, d’un Erik Lehnsherr vieillissant, accessoirement drogué, potentiellement fou et – c’est là le coup de génie de Morrison – complètement décrédibiliser par une jeunesse mutante qui le vénère mais qui le préférait, finalement, mort. Bien entendu, Planète X est bourré de scènes fortes : Wolverine se doit de tuer Jean Grey pour que celle-ci ne souffre pas alors qu’ils foncent vers le Soleil, Magneto, complètement cintré, s’en prend a ses propres troupes et finit par tuer Jean Grey (encore) après un affrontement épique face aux X-Men, et, au final, finit décapiter par un Wolverine fou de douleur. Formidable hommage a la saga du Phénix Noir et a l’Age d’Or des X-Men, Planète X aura fait couler beaucoup d’encre lors de sa parution mais sincèrement, s’il y a bien une chose que l’on ne peut lui reprocher, c’est son immense qualité – et c’est quelqu’un qui estime que Magnéto aurait dut rejoindre les X-Men depuis des lustres qui le dit, bref, quelqu’un qui, a priori, ne partage pas la même vision du personnage que Morrison… Les choses, bien sur, auraient put en rester là or, Grant Morrison n’en avait pas tout à fait finit avec les X-Men puisque, avec Here Comes Tomorrow, voilà que non seulement, le britannique livre son hommage personnel a une autre saga culte des X-MenDays of Future Past, mais aussi, en profite enfin pour tout expliquer sur les tenants et les aboutissements de son run. Quatre petits épisodes dessinés de main de maitre par un ancien taulier de la série, Marc Silvestri qui fut le dessinateur des X-Men période Claremont au court des années 80, quatre épisodes qui se déroulent dans le futur,  et où Morrison abat ses cartes, dévoilant l’identité de celui qui était derrière tous les événements de son run… Sublime ! C’est bien entendu fichtrement intéressant puisque tout est dévoilé – qui est Sublime, comment a-t-il fait pour que surviennent tous les événements subits par les X-Men, qu’est devenu Cassandra Nova, qui étaient les sœurs Cuckoos, quid du sort de Jean Grey/Phénix – mais, il faut le reconnaitre, pas évidant a lire tellement c’est complexe par moments… Quoi qu’il en soit, avec Planète X et Here Comes Tomorrow, Grant Morrison tire sa révérence de fort belle manière ; bien évidement, tout cela n’est pas toujours évidant a saisir et oui, on peut être d’accord ou pas sur certains choix du scénariste, mais s’il y a bien une chose que l’on ne peut lui enlever, c’est que son travail sur les X-Men aura marquer la série durablement, au point même que, depuis, celle-ci ne s’en soit jamais véritablement remis… dommage juste que Marvel ait tout fait, ensuite, pour saboter ce qu’il faut bel et bien appeler un chef d’œuvre.
 

Points Positifs
 :
- La double conclusion du run de Morrison chez les X-Men aura été à la hauteur de nos espérances et oui, si jusque là, on frôlait par moments la perfection scénaristique, ici, on atteint des sommets rarement atteints dans les comics de super-héros. Le britannique, fidèle a lui-même, bouscule les conventions, ose tuer des personnages majeurs, et réponde finalement a toutes les questions que l’on pouvait se poser depuis ses débuts dans la série. Du grand art !
Planète X est sans contexte le plus grand affrontement entre les X-Men et Magneto, surtout en raison de la personnalité de celui-ci : vieillissant, visiblement hors du coup et incompris par une jeune génération qui le préférait mort (un beau symbole), drogué et sombrant peu à peu dans la folie. On peut ne pas être d’accord avec Morrison quand a sa vision du personnage qu’il a toujours estimé être du coté du mal, ce qui est mon cas (perso, j’ai toujours estimé que Magneto devait être du coté des bons), mais on peut malgré tout reconnaitre que son idée est géniale et que ce Magneto, a la fois grandiloquent et pathétique, marque les esprits.
- Que de scènes marquantes dans Planète X : entre Wolverine qui tue sa bien aimée Jean Grey afin de lui éviter de souffrir, Magneto qui s’en prend a ses propres troupes avant de tuer Jean Grey entretemps revenue a la vie, Wolverine, fou de rage, qui décapite celui-ci… Oui, on n’en sort pas indemne de cet affrontement apocalyptique.
Here Comes Tomorrow est la conclusion parfaite du run de Morrison : se déroulant dans le futur, apparemment sans conséquences quand au reste, en fait, cette saga permet au scénariste de répondre a toutes les questions que l’on pouvait se poser depuis le début. Qui est véritablement Sublime ? Quel est sa responsabilité dans tout cela ? Qu’est devenue Cassandra Nova ? Qui étaient vraiment les Cuckoos ? On apprend pas mal de choses a la lecture de ces quatre épisodes et l’on est souvent surpris.
- Point de vu dessins, on est plus que bien servis avec Phil Jimenez sur Planète X et Marc Silvestri sur Here Comes Tomorrow.

Points Négatifs :
- Le principal reproche que l’on peut faire a Morrison, c’est que par moments, c’est un peu complexe et qu’il faut lire et relire certains dialogues pour tout saisir, surtout que souvent, il est fait références a des épisodes parus longtemps auparavant. D’ailleurs, quand on arrive a Here Comes Tomorrow, la difficulté monte d’un niveau et tout cela est parfois peu évidant a saisir.
- Quel dommage que Frank Quitely soit totalement absent aux dessins dans ce quatrième tome.
- Phil Jimenez est un bon dessinateur, j’en conviens, mais suivant l’encreur du moment, certaines cases sont un peu brouillonnes… ce qui est fort dommageable et, accessoirement, pas de sa faute.
- Un certain gout amer dans la bouche de se dire que Marvel, ensuite, a saboter le run de Morrison.

Ma note : 8,5/10

New X-Men – Un Vent de Révolte


New X-Men – Un Vent de Révolte
 
Dans le quartier de Mutant Town à New-York, Jumbo Carnation trépasse, tabassé à mort par plusieurs humains. La nouvelle fait grand bruit au sein de l'institut d'études supérieures de Charles Xavier. Les élèves sont quelque peu troublés et l'un d'eux, Quentin Quire, forme autour de lui une petite communauté. Devant le relatif manque de réaction de ses professeurs, il choisit de venger son congénère et pour être suffisamment puissant, use de drogues. Des humains sont ainsi agressés et dès le lendemain, Xavier condamne de tels actes. Cela n'arrive pas au bon moment car une journée portes-ouvertes doit avoir lieu prochainement. La situation dérape progressivement puisque des U-Men se manifestent de plus en plus, Quentin prend possession de l'école et Jean fait un retour inopiné au moment où Cyclope se rapproche beaucoup d'Emma Frost. Pas sûr qu'elle parvienne à contrôler la puissance du Phénix qu'elle a en elle...
 

New X-Men – Un Vent de Révolte
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Frank Quitely, Phil Jimenez, Chris Bachalo, Keron Grant
Encrage : Tim Townsend, Avalon Studios, Aaron Sowd, Al Vey, Andy Lanning, Norm Rapmund
Couleurs : Dave McCaig, Chris Chuckry
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-héros
Editeur : Marvel
Titre en vo : New X-Men – Riot at Xaviers’s
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Janvier 2003 – Octobre 2003
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 03 avril 2013
Nombre de pages : 248

Liste des épisodes
Riot at Xaviers’s – New X-Men 134-138
Murder at the Mansion – New X-Men 139-141
Assault on Weapon Plus – New X-Men 142-145
 
Mon avis :
 Comme vous l’avez peut-être remarquer si jamais vous avez vu mes critiques précédentes, en ce jours, je vous ai parler des deux premiers volumes de l’intégrale du long run du génialissime Grant Morrison chez les X-Men, série alors baptisée – nous étions a l’époque au début des années 2000 – New X-Men ; ainsi, après un premier tome haut en couleur et fortement déstabilisant pour les fans, mais qui, rappelons le, avait pour lui de renouveler complètement une franchise en perdition et de lui faire atteindre des sommets que celle-ci n'a jamais retrouver depuis lors, il faut le reconnaitre, le second, moins spectaculaire puisque l’effet de surprise était passé, n’en restait pas moins fort excellent. Nouveaux costumes, nouveaux personnages, une équipe plus ressoudée avec des figures majeures de l’univers mutant, et, bien sur, une trame scénaristique complexe, innovante, et uniquement compréhensible qu’après la lecture du tout dernier épisode signé Morrison, bref, quelque part, un truc énorme, digne des plus grandes heures de la saga X-Men et qui fut, en quelque sorte, comme le chant du cygne de celle-ci… Mais après ce long rappel de ce que fut New X-Men et de la place majeure occupée par cette série au sein de la franchise mutante, quid donc de ce troisième volume de l’intégral du run de Morrison, car bon, après tout, c’est ce qui nous préoccupe à présent ? Eh ben ma foi, d’entrée de jeu, il y a une fort bonne nouvelle puisque si les deux premiers tomes pouvaient souffrir d’un trop grand éparpillement des dessinateurs, trop nombreux ou inégaux suivant les épisodes, dans Un Vent de Révolte, titre français de ce troisième volume de New X-Men, ce n’est pas le cas : au nombre de trois, principalement (Keron Grant ne dessine qu’un épisode et s’en sort fort bien d’ailleurs), chacun est aux manettes d’une des trois parties de ce tome : le génial Quitely pour Riot at Xaviers’s, Phil Jimenez, toujours aussi plaisant, pour Murder at the Mansion et ce vieux routard de Bachalo pour Assault on Weapon Plus. Trois artistes aux styles différents et qui, chacun a leurs façons, apportent une touche personnelle qui subliment les scénarios de Grant Morrison, scénarios qui, une fois de plus, nous démontrent le talent incroyable de l’auteur… Ainsi, d’entrée de jeu, l’écossais nous pond une révolte parmi les élèves au sein de l’Ecole Xavier, révolte menée par un nouveau protagoniste, un certain Quentin Quire, provocateur en diable, et qui va causer bien des dégâts. Morrison s’amuse avec ce conflit générationnel tout en pointant du doigt, à la fois les limites du rêve de Xavier mais aussi les incohérences d’une génération prête à se soulever mais sans savoir quoi faire ensuite. Après le conflit interne entre élèves et professeurs, c’est à un vaudeville auquel nous avons droit ensuite avec la découverte par Jean Grey que son mari, Scott Summers, la trompe… télépathiquement mais la trompe tout de même… avec la sulfureuse Emma Frost ! Bien entendu, la chose était annoncée depuis quasiment le début du run de Morrison, et si je comprend parfaitement la colère de l’épouse bafouée, je ne peux m’empêcher d’éprouver une certaine sympathie pour notre bon vieux Cyclope, tellement coincé, et Emma, sincèrement amoureuse du leader des X-Men. Colère, cris et… tentative de meurtre sur la personne de la Reine Blanche, décidément, Morrison en fait voir de toutes les couleurs a ses personnages qu’il malmène comme jamais avant d’en entrainer trois, Wolverine, Cyclope contraint et forcé, et le petit nouveau, apparu dans le second tome de l’intégral, le charismatique Fantomex, sur les traces du passé de Logan et du Projet Arme Plus. Ces épisodes sont intéressants pour les quelques révélations faites au sujet du passé du mutant griffu, pour Fantomex, mais aussi, en filigrane, pour une ou deux références pour le moins étonnantes – ainsi, Captain America aurait été le premier sujet de l’Arme Plus. Mais le plus important, et c’est bien évidement plus facile a le remarquer après moult relectures de cette saga, ce sont tous les sous-entendus apparemment sans conséquences, les petites phrases a priori sans conséquences ou incompréhensibles sur le moment mais qui annoncent quelque chose d’énorme… quelque chose que l’on découvrira, bien entendu, lors du final du run de Morrison, dans le prochain et dernier tome de New X-Men !
 

Points Positifs
 :
- Ce troisième tome de New X-Men est diviser en trois parties franchement excellentes - Riot at Xaviers’sMurder at the Mansion et Assault on Weapon Plus – un régal a la lecture surtout que, maitrisant son sujet depuis longtemps et avec un dessinateur pour chaque histoire, Morrison nous fait une nouvelle démonstration de son immense talent d’auteur. Le bougre sait ce qu’il fait et où il va, et cela, c’est plutôt rare…
- Frank Quitely, Phil Jimenez et Chris Bachalo (sans oublier Keron Grant sur un épisode), franchement, pour ce qui est de la partie artistique, même si ces trois là sont très différents, c’est du tout bon voir de l’excellent pour Quitely.
Riot at Xaviers’s est une pure pépite, sans nul doute le point fort de ce troisième tome de New X-Men : le conflit générationnel entre le rêve de Xavier, un peu dépassé, et des élèves habitués au tout et tout de suite mais qui ne réfléchissent pas plus que cela est fort bien traité de la part de Morrison.
- Accessoirement, on a droit a l’apparition d’un personnage charismatique en diable : Quentin Quire alias Kid Omega.
- Ah, la liaison entre Cyclope et la Reine Blanche et ses conséquences… Jean Grey découvre que son mari la trompe (bah c’est le cas), elle disjoncte et s’en prend a Emma Frost. Un véritable vaudeville chez les mutants mais jouissif au possible.
- L’importance prise, petit a petit et mine de rien, par la classe spéciale de Xorn avec Angel, Bec, Marta Johansson, Ernst, etc.
- Avec Assault on Weapon Plus on a droit à un Fantomex une fois de plus déchainé mais aussi, à quelques révélations sur le passé de Logan ainsi qu’une belle surprise : Captain America était le premier sujet du projet Arme Plus.
- A la relecture, le run de Morrison est encore plus intéressant, ne serais-ce que pour toutes les petites allusions, phrases, et autres indices quand a ce qui arrivera bientôt…
- Ah, l’épisode où Scott Summers essai de se bourrer la gueule pour oublier ses problèmes, un grand moment !
- Une petite apparition de Sage, un personnage que j’appréciais énormément a l’époque.

Points Négatifs :
- Vu que je n’ai jamais été fan de Bishop, les deux épisodes où il enquête, en compagnie de Sage, sur le meurtre apparent d’Emma Frost, sont par moments un peu pénible, non pas parce qu’ils sont mauvais, bien au contraire, mais pour sa présence et surtout pour le simple fait que ce gus se la pète comme il n’est pas permis…
- Je reconnais que ce n’est pas toujours simple à lire, surtout pour le néophyte qui découvrirait le run de Morrison. Il y a énormément de dialogues et d’allusions obscures, il faut se souvenir de tout et comme en plus, certains passages ne sont compréhensibles qu’a la relecture, ce n’est pas évidant par moments.
- Scénaristiquement parlant, Riot at Xaviers’s et Murder at the Mansion sont tellement bons et marquant tant les esprits que Assault on Weapon Plus semble un peu plus bourrin, mais bon, relativisons la chose.

Ma note : 8,5/10

New X-Men – L’Arme XII


New X-Men – L’Arme XII
 
Cassandra Nova compte bien se venger de son frère Charles Xavier et de ses fidèles X-Men. Elle a plongé dans un coma forcé son jumeau et projette un plan bien pire encore. A l'école des mutants, l'absence du professeur X est compensée par Emma Frost qui endosse le rôle de directrice. Elle s'appuie sur le retour d'Hank McCoy et de Wolverine pour que l'ordre reste bien en place. De son côté, Jean Grey fait son possible pour sortir le professeur de son sommeil forcé mais aucune solution n'est trouvée. Cyclope est contraint d'aller en Chine et de solliciter Xorn, un mutant aux pouvoirs stellaires. Son aide ne sera pas de trop car en plus, Cassandra Nova vient de manipuler l'Empire Shi'ar pour qu'il s'en prenne à la Terre...
 

New X-Men – L’Arme XII
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Frank Quitely, Ethan Van Sciver, Igor Kordey, John Paul Leon, Tom Derenick, Phil Jimenez
Encrage : Tim Townsend, Rich Perrotta, Andy Lanning, Norm Rapmund, Sandu Florea, Scott Hanna, Danny Miki, Igor Kordey, Bill Sienkiewicz
Couleurs : Brian Haberlin, Dave McCaig, Chris Chuckry, Hi-Fi Design
Couverture : Ethan Van Sciver
Genre : Super-héros
Editeur : Marvel
Titre en vo : New X-Men – Weapon XII
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Mars 2002 – Décembre 2002
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 04 décembre 2012
Nombre de pages : 288

Liste des épisodes
Imperial – New X-Men 122-126
New Worlds – New X-Men 127-133
 
Mon avis : 
Après des débuts en fanfare pour la série New X-Men, renommée ainsi après sa prise en main par le fort talentueux Grant Morrison, il apparait clairement que le deuxième tome de cette intégral du run morrisonien chez les mutants est légèrement inférieur, la faute, comme on le verra plus bas, a un contenu qui se disperse un peu trop une fois passé la conclusion du run Imperial. Car en gros, pour ce qui est de la première moitié de ce second volume de New X-Men, on est dans la lignée droite du tome précédant avec l’apocalyptique affrontement entre nos héros et une Cassandra Nova tout bonnement déchainée. Il faut dire que celle-ci, en prenant le corps de Charles Xavier et en se faisant passer pour lui, réussi à contrôler l’Empire Shi’ar et a envoyer la Garde Impériale sur Terre afin d’en finir avec les mutants, ce qui, bien entendu, va entrainer un affrontement dantesque entre celle-ci et des X-Men de plus en plus affaiblis – oui, la bougresse a penser a tout ! Quasiment invincible, Cassandra Nova finira bien entendu par tomber mais encore aura-t-il fallut l’aide de certains des élèves – Angel, Bec et les Cuckoos – et d’un nouveau venu dans l’équipe, un certain Xorn qui fera énormément parler de lui par la suite… Bien entendu, scénaristiquement, c’est un peu plus basique que les épisodes du tome précédant puisqu’il y a pas mal de combats, mais bon, malgré cela, on sent tout de même la touche Morrison et rien que la façon dont Cassandra Nova se fait piéger est on ne peut plus diabolique… Par contre, pour ce qui est des dessins, c’est une autre histoire car si une fois de plus, Frank Quitely est a la hauteur de sa réputation, les autres épisodes sont d’Igor Kordey ; fort heureusement, celui-ci est tout de même plus appliqué que dans les épisodes auquel il a collaboré dans le volume précédant. Quoi qu’il en soit, une fois Imperial achevé et la menace Nova mise hors d’état de nuire, la suite est un peu moins captivante : ainsi, si la petite virée parisienne de Xavier et Jean Grey – le tout dessiné par un Igor Kordey décidément très présent – n’est pas désagréable et nous permet de faire la connaissance d’un personnage franchement charismatique et qui fera date, Fantomex, pour le reste, nous avons surtout droit a pas mal d’épisodes qui se suffisent quasiment a eux-mêmes… Un qui met Xorn en vedette, un autre histoire de rendre hommage a Magneto et même si, bien entendu, Grant Morrison profite de ceux-ci pour faire tranquillement avancer ses nombreuses intrigues – particulièrement la relation entre Cyclope et Emma Frost et leur fameuse liaison si particulière – force est de constater que tout cela est légèrement inférieur a ce que l’on avait connu jusque là… mais bon, rassurez vous, ce n’est qu’une petite baisse de régime, une pause avant que la série ne reparte vers l’avant et des sommets qualitatif qui on fait sa réputation…
 

Points Positifs
 :
- Les cinq premiers épisodes, qui composent l’arc Imperial, sont le grand moment de cet album et voir les X-Men affaiblis comme jamais aux prises avec la Garde Impériale Shi’ar et une Cassandra Nova plus puissante que jamais est un vrai régal. Bien entendu, il y a un peu plus d’action au cours de ces épisodes mais vu comment nos héros finissent par piéger Cassandra Nova et vu l’aide improbable qu’ils ont de quelques uns de leurs élèves – Bec, Angel et les Cuckoos – il est clair que cet arc est excellent.
- Deuxième point fort de ce second tome de New X-Men : la première apparition d’un personnage qui fera date par la suite, un certain Fantomex.
- Frank Quitely ne dessine hélas que quelques épisodes dans cet album (dont la conclusion de Imperial) mais une fois de plus, on se régal avec ses dessins tout simplement extraordinaires.
- Début de la liaison entre Cyclope et Emma Frost.
- Mine de rien, on a droit a une sacrée révélation quand a Wolverine et ce projet Arme X qui en fait serait le projet Arme 10 et non X.
- Phil Jimenez fait ses débuts sur New X-Men et sincèrement, il promait énormément.
- Je sais que le style d’Igor Kordey est on ne peut plus particulier mais je trouve qu’il se débrouille bien mieux dans les nombreux épisodes qu’il dessine ici, ce qui, avouons le, n’était pas le cas dans le tome précédent.
- Première apparition de Dust.

Points Négatifs :
- Il y a tout de même une baisse de régime une fois passé l’arc Imperial ; il faut dire qu’il y a trop d’épisodes apparemment sans liens entre eux (en fait si), pas mal de personnages qui y interviennent et un certain dispersement dans l’intrigue.
- Un épisode centré sur Xorn : sympa mais sans grand intérêt si ce n’est de voir le petit nouveau de l’équipe agir en solo.
- Pour la énième fois en je ne sais combien d’années, Xavier retrouve l’usage de ses jambes.
- Je ne suis pas un grand fan de l’X-Corporation… enfin, surtout de celle en Inde au vu de son casting.
- Encore et toujours le cas Igor Kordey et son style tellement particulier qui divisera les fans.
- Hélas, mille fois hélas, Frank Quitely est moins présent dans ce second tome de New X-Men, et comme en plus, il y a pas mal de dessinateurs qui le remplacent, on passe du bon au franchement moyen.

Ma note : 8/10

New X-Men – E comme Extinction


New X-Men – E comme Extinction
 
Le professeur Xavier est en joie, car le Dr Henry McCoy, alias le Fauve, termine tout juste la création de Cerebra, un modèle dix fois plus performant que Cerebro. Il permet à Charles de retrouver facilement les mutants du monde entier. En revêtant le casque de la machine, le professeur est ravi de voir le nombre de ses congénères présents un peu partout. Cependant, alors qu'Henry supervise le premier essai, il remarque une lumière vive et disparate sur une zone du globe. Afin de ne courir aucun risque, le professeur Charles Xavier demande à Cyclope et Wolverine, qui viennent tout juste de récupérer un jeune mutant en Australie, de se rendre aux coordonnées indiquées. Peu après, le professeur explore les possibilités de la machine, pendant qu'Henry montre ses innovations à Jean Grey. Soudain, le leader de la cause mutante entend une voix. Celle-ci est puissante et souhaite prendre possession de lui. Charles sort alors un pistolet et le pointe sur sa tête...
 

New X-Men – E comme Extinction
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Frank Quitely, Leinil Francis Yu, Ethan Van Sciver, Igor Kordey
Encrage : Tim Townsend, Mark Morales, Dan Green, Gerry Alanguilan, Sandu Florea
Couleurs : Brian Haberlin, Hi-fi Design
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-héros
Editeur : Marvel
Titre en vo : New X-Men – E is for Extinction
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Juillet 2001 – Février 2002
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 01 juin 2012
Nombre de pages : 150

Liste des épisodes
E is for Extinction – New X-Men 114-117
The Man from Room X – New X-Men Annual 2001
Germ Free Generation – New X-Men 118-121
 
Mon avis :
 Les amateurs de comics le savent bien, il est évidant que depuis quelques années, la franchise X-Men est loin, très loin de son lustre d’antan, la faute, bien entendu, a Marvel qui au début des années 2000 a commencer a mettre en avant les Avengers mais aussi et surtout (car je ne pense pas que les têtes pensantes de la maison des idées souhaitaient une telle baisse qualitative) pour le choix ubuesque de faire table rase de quasiment tout ce que le grand Grant Morrison avait apporté a la saga. Car oui, déjà au tournant des années 2000 et après le départ de Scott Lobdell qui avait porté les X-Men a bout de bras a la fin du siècle dernier, la franchise mutante était a bout de souffle : trop de personnages, trop de crosovers, trop de scénaristes qui se succédaient avaient fait que nos enfants de l’atome étaient tomber bien bas – hélas, ce fut aussi le cas par la suite – et puis, en 2001, arriva donc un certain Grant Morrison, grand nom des comics s’il en est, et qui, avec son compère préféré, le talentueux pour ne pas dire génial, Frank Quitely, allait révolutionner les X-Men. Car avec Morrison, il fallait s’attendre a tout et surtout à sortir des sentiers battus : ainsi, premièrement, exit la quasi-totalité des membres de l’équipe pour que le scénariste se concentre sur les éléments les plus charismatiques que sont Cyclope, Jean Grey, Wolverine, le Fauve, Emma Frost et Xavier. Ensuite, et mine de rien, c’était tellement logique que l’on peut se demander, après coup, comment personne n’y avait pensé avant, l’institut Xavier étant une école, il fallait bien qu’a un moment donner, celle-ci ait de véritables élèves et plus quelques adultes et adolescents qui jouaient au super-héros ; ses élèves, nombreux et variés, tenant pour la plupart du film Freaks ce qui nous changeait également du mythe du mutant beau gosse. Autre nouveauté, et de taille, suite a un événement dramatique survenu dès les premiers épisodes de ce New X-Men (la série avait été rebaptisée sans que l’on change la numérotation de celle-ci, c’était une autre époque), si les mutants continuent à être hais par certains, ils deviennent également, pour d’autres, tendance, bref, un virage a 180° inattendu et intéressant… Ajoutons à cela de nouveaux uniformes typé Matrix et d’entrée de jeu, on ne peut s’empêcher de se dire que ce diable de Morrison partait sur d’excellentes bases ! Nouvelle ambiance, nouveaux costumes, équipe limité a quelques membres, il fallait également de nouveaux adversaires et entre un certain John Sublime qui va faire énormément parler de lui tout au long de la saga et Cassandra Nova, la sœur jumelle de Xavier qui va mettre les X-Men en difficulté comme jamais, d’entrée de jeu, le ton est donné. Mais à scénario béton il fallait un artiste de talent et avec Frank Quitely, il est clair que les X-Men n’ont peut-être jamais été aussi bien servis (en dehors, bien sur, de la période John Byrne), l’écossais, avec son style particulier, réinventant quasiment chaque personnage… Hélas, Quitely ne peut dessiner tous les épisodes et si Ethan Van Sciver s’en sort avec les honneurs, ce n’est pas vraiment le cas qu’un Igor Kordey par moments catastrophique et qui ne s’améliora qu’au fil des ans, dans des productions européennes dont l'exemple le plus évident est, bien entendu, L'Histoire Secrète… Mais bon, en dehors du cas Kordey, pour le reste, c’est du tout bon pour ne pas dire plus et si vous êtes un fan des X-Men, il me parait évident que vous ne pouvez pas passer a coté du run de Morrison : pour ses immenses qualités, bien entendu, mais aussi pour la simple bonne raison que depuis son départ, la franchise, en dehors de quelques exceptions, ne fut plus jamais la même. Alors, si vous souhaitez relire ces épisodes qui vous ont enchanté au début des années 2000 ou tout simplement si vous voulez les découvrir, n’hésitez pas une seconde car ce premier tome de New X-Men vaut vraiment le coup, et puis, d’entrée de jeu, les bases sont posées et c’est fou, avec quelques années d’écart, de voir que le moindre détail du scénario possède son importance et annonce bien des événements a venir… ah oui, c’était vraiment une autre époque !
 

Points Positifs
 :
- Historiquement, le run de Morrison sur les X-Men est d’une importance primordiale pour la franchise mutante : dernier grand événement de celle-ci, il renoue allègrement avec les plus grandes heures de la saga. Après, on peut aimer ou non, cependant, au moins, avec Morrison, on sortait des sentiers battus, la franchise était dépoussiérée et il se passait enfin quelque chose chez les X-Men. Bref, un incontournable a lire et a relire.
- Grant Morrison change tout, ou presque : nouveaux uniformes, nouveaux ennemis, l’institut Xavier devient enfin une école, une équipe plus resserrée ce qui permet de ne pas se disperser entre une vingtaine de personnages, mutations secondaires comme celle du Fauve qui devient plus félin et celle d’Emma Frost qui peut désormais se transformer en diamant humain.
- Scénaristiquement, c’est parfait : que ce soit au niveau des dialogues, des relations entre les personnages, Morrison fait du très bon boulot : nos X-Men ont des doutes, des certitudes et n’apparaissent plus comme des demi-dieux vivants sans âme…
- Frank Quitely, bien entendu. De part son style particulier mais fort talentueux, celui-ci rénove complètement la franchise et nous fait redécouvrir des icones comme Cyclope, Jean Grey ou Emma Frost. D’ailleurs, le plus bel exemple est, de mon point de vu, Cyclope : bodybuildé pendant les années 90 comme tous les super-héros, celui retrouve une apparence plus conforme a son surnom, Slim – mine de rien, c’est avec ces petits détails que l’on reconnait le talent d’un dessinateur.
- Si pour le moment, Sublime ne brille pas vraiment par son charisme (attendez), pour ce qui est de Cassandra Nova, c’est une autre histoire : d’entrée de jeu, elle provoque la mort de 16 millions de mutants, ensuite, elle s’en prend aux X-Men et on apprend finalement qu’elle est la sœur jumelle de Xavier, sœur que ce dernier a essayer de tuer alors qu’ils se trouvaient tout deux dans l’utérus de leur mère !
- Non seulement, l’institut Xavier est devenu une école avec des élèves mais qui plus est, ceux-ci sont, pour une bonne partie, une belle bande de freaks : formes improbables voir monstrueuses pour certains, Morrison et Quitely bousculent les conventions et sortent du mythe mutant/beau gosse que l’on avait auparavant.
- Premières apparitions de personnages qui vont prendre petit à petit une importance capitale par la suite : Bec, Angel, Xorn, les sœurs Cuckoos.
- Frank Quitely ne dessinant pas tous les épisodes vus les rythmes de parutions mensuelles, il est correctement remplacé par Ethan Van Sciver plutôt talentueux.
- Ce premier tome de New X-Men nous permet d’avoir droit a l’Annual paru cette année là et qui, sans être exceptionnel, a son importance puisque Sublime et Xorn y font leur apparition, mais aussi, pour son format de publication original.
- L’épisode 121, quasiment sans paroles, où Jean Grey et Emma Frost se baladent dans le cerveau du Xavier est une pure réussite !

Points Négatifs :
- Il apparait clairement que le plus gros problème de ce premier volume de New X-Men est Igor Kordey : remplaçant Frank Quitely sur certains épisodes, le croate, a ce moment là, pas aussi appliqué qu’il put l’être ces dernières années, massacre tout bonnement certaines planches. Alors bien sur, son style est particulier et par certains cotés, j’ai appris à l’apprécier au fil des ans, mais a l’époque, ce n’était pas encore ça, loin de là !
- Je reconnais qu’il faut s’accrocher aux scénarios de Morrison et que, par moments, tout n’est pas simple à suivre. Du coup, il se peut que la complexité de ces derniers ainsi que certains dialogues déplaisent à un certain public.
- Euh, je veux bien croire que Magneto soit convalescent mais bon, des sentinelles attaquent Génosha et le maitre du magnétisme ne peut rien faire ?
- Peut-être ne suis-je pas objectif mais bon, par moments, je l’ai trouvé un peu brouillon Leinil Francis Yu sur New X-Men Annual.

Ma note : 9/10