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mercredi 28 juin 2023

Thorgal – La Chute de Brek Zarith


Thorgal – La Chute de Brek Zarith
 
Sur l'esplanade de la forteresse de Brek Zarith, le puissant Shardar fait le spectacle d'une nouvelle invention. Le baron Zorn, choisi pour l'occasion, s'exécute devant la foule, vêtu tel un oiseau géant. Le voilà volontaire forcé pour s'élancer dans le vide, afin de tester la paire d'ailes mise au point par un inventeur fou. Le malheureux s'élance et finit sa chute en s'écrasant dans les récifs. Déçu par la prestation, Shardar précipite aussi l'inventeur du haut de la plateforme. Peu après, il rejoint dans les bas-fonds de la forteresse son homme de main, Helgith. Celui-ci l'attend devant un jeune enfant endormi, pour une étrange cérémonie. Helgith entame en effet un rituel d'incantations, afin de voir les évènements futurs. Shardar assiste donc à un défilé d'images montrant son avenir. Il voit une flotte de navires vikings qui foncent droit sur eux, ainsi qu'une troupe au sol menée par le prince Galathorn lui-même. Il contemple la félonie de ses barons pour le destituer, mais il voit aussi un plus grand danger qui s'annonce : la venue d'un étranger. Soudain, le rituel s'interrompt. Les signes sont néanmoins formels pour Helgith : ce sera ce mystérieux étranger qui causera la perte de Shardar...
 

Thorgal – La Chute de Brek Zarith
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Grzegorz Rosinski
Couleurs : Grzegorz Rosinski
Couverture : Grzegorz Rosinski
Editeur : Le Lombard
Genre : Heroic Fantasy, Science-Fiction
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : juin 1984
Nombre de pages : 46
 
Mon avis : 
Comme les amoureux de Thorgal le savent bien, La Chute de Brek Zarith est le troisième et dernier volet d’une trilogie que les fans ont surnommés La Trilogie de Brek Zarith et qui, pour rappel, avait débuté avec La Galère Noire et qui s’était poursuivie avec Au-delà des Ombres. Cette trilogie, que beaucoup estiment être l’un des grands moments de la saga, possède certaines particularités : ainsi, pendant trois albums, l’on retrouve les mêmes protagonistes secondaires, ce, même si on ne les voit pas toujours pour diverses raisons, mais cela est plutôt normal, et l’adversaire principal est un certain Shardar-le-puissant dirigeant de Brek Zarith qui a usurper le pouvoir du prince Galathorn, et qui, pour la petite histoire, ne fait son apparition que dans le troisième volet de la trilogie. De plus, et pour la première (mais pas la dernière) fois dans la série, le temps commence à jouer son œuvre et une année s’écoule entre le quatrième et cinquième tome, ce qui permet surtout aux auteurs de mettre en scène un tout nouveau personnage : le fils de Thorgal, dont la première rencontre entre celui-ci et sa progéniture est assez marquante au demeurant. Pour le reste, on notera que les trois albums sont assez différents les uns des autres : assez typé action pour ce qui est de La Galère Noire, l’on passe allègrement vers un certain onirisme dans Au-delà des Ombres (mon préféré des trois) avant de repasser a de l’aventure pure et dure dans le dernier, même si celui-ci est un peu ampli d’un certain désabusement quant aux conséquences de la chute de ce fameux usurpateur de Brek Zarith. Thorgal, qui ne pense qu’à retrouver la femme qu’il aime, et au passage, son fils, n’a que faire de ce jeu de rois qui, selon lui, ne valent pas forcément mieux les uns que les autres, et, finalement, n’aspire qu’à la paix ; chose, bien entendu, qu’on se doute bien qu’il n’aura pas… sinon, la série en serait restée là. Clôturant assez bien cette trilogie tant apprécié, La Chute de Brek Zarith regorge de scènes marquantes, comme la toute première, où l’usurpateur se plait à jouer aux Icare avec ses sujets, mais aussi celles du bal, véritable orgie qui se finit tragiquement. L’on notera au passage que la manière dont Shardar tient ses barons m’a fait diablement pensée à celle dont Louis XIV en personne tenait ses nobles : en leur donnant moult festivités à la Cour. Ici, cela n’empêche pas certains d’essayer de se rebeller mais, décidément, à force d’orgies et probablement émoussées, ils en sont tout bonnement incapables. Quand a la fameuse chute dont parle le titre, celle-ci, finalement, ne viendra ni de ses barons, ni des vikings (qui perdent encore l’un de leurs chefs, décidément, ils sont maudits), ni du roi légitime, ni même, quelque part, de Thorgal… mais cela, je n’en dis pas plus et vous laisse la surprise, disons juste que, enfin, une certaine personne commence à prendre davantage d’assurance et a moins jouer les demoiselles en détresse… quoi que ? Au final, donc, un très bon album, pas mon préféré, certes, mais suffisamment captivant pour me tenir en haleine et confirmer tout le bien que je pense de cette série. Reste la grande question, désormais : quid de la suite ?
 

Points Positifs
 :
La Chute de Brek Zarith est une bonne conclusion à une trilogie qui est, selon les fans, l’une des plus réussies de la série ; plus tipée action que le tome précédant qui était proche du chef d’œuvre absolu, elle n’en reste pas moins convenable.
- Curieusement, ce qui m’a le plus marquer dans cet album, c’est la cour de Shardar : tenus en laisse par d’innombrables orgies et autres fêtes décadentes, les nobles finissent par être complètement incapables de se rebeller contre leur tyran. De plus, j’ai bien aimé leurs divers costumes, tous plus improbables les uns que les autres.
- Shardar est un personnage qui en jette : intelligent en diable, méticuleux, calculant ses coups a l’avance, il tombera, certes, mais cela s’est jouer a peux de choses.
- Première apparition du fils de Thorgal et de Aaricia, un certain Jolan ; accessoirement, il semble planer bien des mystères a son sujet.
- Les nombreuses références qui parsèment cet album : Icare, Archimède et ses miroirs, Leonard de Vinci et ses machines volantes…
- D’ailleurs, la scène d’ouverture où un des barons est « volontaire » pour voler est un pur régal !
 
Points Négatifs :
- Mouais, difficile de passer après Par-delà les Ombres tout de même, surtout que, finalement, scénaristiquement, cet album est par moments simpliste.
- Une malédiction semble s’être abattu sur les divers chefs vikings : ils passent tous l’arme a gauche les uns après les autres !
- Le discours anti-royauté de Thorgal peut apparaitre par moments un peu naïf… sympathique mais naïf.
 
Ma note : 7,5/10

samedi 24 juin 2023

Thorgal – Au-delà des Ombres


Thorgal – Au-delà des Ombres
 
Un vieil homme pénètre dans une taverne, à la recherche du chevalier Thorgal. A défaut d'un chevalier, il tombe sur un mendiant en guenilles, accompagné par une jeune femme du nom de Shaniah. Il est venu le chercher car Thorgal porte encore à son cou la clé qui ouvre la porte du deuxième monde. A peine a t-il expliqué ceci, qu'un homme en armes tente de voler la clé. Il se trouve soudainement brisé en mille morceaux de couleurs, avant de disparaître complètement. Les autres clients de la taverne veulent s'en prendre à Thorgal et au vieil homme, mais ces derniers parviennent à s'échapper de justesse, grâce à un complice. Ils trouvent alors refuge dans les marais, au milieu d'un lieu de culte païen. Le vieil homme se nomme Wargan et il accompagne son seigneur, qui n'est autre que le fugitif Galathorn. Celui-là même qui a volé le cheval de Thorgal à Shaniah, il y a quelques mois. Il vient demander de l'aide à Thorgal pour récupérer son trône à Brek Zarith, volé par Shardar-le-puissant…
 

Thorgal – Au-delà des Ombres
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Grzegorz Rosinski
Couleurs : Grzegorz Rosinski
Couverture : Grzegorz Rosinski
Editeur : Le Lombard
Genre : Heroic Fantasy, Science-Fiction
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : août 1983
Nombre de pages : 46
 
Mon avis :
 Pour rappel, et, bien entendu, surtout pour celles et ceux qui connaitraient mal voir pas du tout ce monument de la bande dessinée franco-belge qu’est Thorgal, œuvre des sieurs Jean Van Hamme pour ce qui est du scénario et Grzegorz Rosinski pour ce qui est des dessins, La Galère Noire était en fait la première partie de ce que les fans ont surnommés La Trilogie de Brek Zarith, sans nul doute l’une des plus belles réussites de toute la série. Et donc, après une entrée en matière plutôt réussie, j’au l’agréable surprise de lire, tout bonnement, ce qui est le meilleur album de Thorgal depuis les débuts de la saga ! Il faut dire que l’on retrouve ici tout ce qui a fait l’intérêt de la série depuis ces débuts : déjà, l’univers de Thorgal, attirant au possible et qui oscille entre une certaine Fantasy mais davantage proche des légendes nordiques et germaniques que de la bien trop pâle copie de Donjons & Dragons. Ensuite, le mélange des genres qui, de mon point de vue, a toujours bien fonctionné : notre héros, ici, se voit plonger, afin de sauver son aimée, dans un autre monde, un univers parallèle en quelque sorte, replongeant carrément dans le temps avant de rencontrer, rien que ça, la Mort elle-même, du moins, l’un de ses avatars. Et si, dit comme cela, certains pourront trouver la chose peu originale, à la lecture, il en est tout autre et chaque page, ou presque, est un véritable régal pour le lecteur, tant, déjà, par les multiples bonnes idées qui parsèment cet album, mais également par la qualité des dessins qui, d’album en album, ne cessent de s’améliorer – même si, pour un jeune lecteur, ceux-ci pourront paraitre un peu trop vieillot. L’intrigue ne permet pas un seul moment de répit, les protagonistes rencontrés, parfois sur une ou deux cases, sont tous marquants, et certaines planches sont tout bonnement somptueuses de par leur découpages ; le tout, empreint d’une certaine tristesse et d’un fatalisme pesant, accouche d’un final certes sans surprises mais oh combien réussi – la belle et si triste mort de la jeune Shaniah – mais qui fonctionne parfaitement, et qui, personnellement, m’a franchement toucher. Bref, et vous l’avez compris, un excellent album de Thorgal selon moi, le meilleur depuis le début et qui confirme, une fois de plus, tout le bien que je pense vis-à-vis de cette œuvre dans son ensemble.
 

Points Positifs
 :
Au-delà des Ombres est tout simplement le meilleur album de Thorgal depuis les débuts de la série : que ce soit par son scénario parfaitement abouti et maitrisé, ses dessins somptueux, le déroulement de l’intrigue et ce final d’une infinie tristesse, il n’y a aucune fausse note…
- Indéniablement, s’il y a un protagoniste qui se démarque grandement dans cet album, c’est bel et bien Shaniah : la jeune adolescente amoureuse et parfois mesquine du tome précédant a bien grandit, elle aime toujours Thorgal, le suit jusqu’au royaume des morts et finit par se sacrifier par amour. C’est beau, émouvant… et puis, son regard lorsqu’elle dit à Thorgal qu’elle l’aimait à en mourir…
- A moins d’être totalement sans cœur, il est impossible de ne pas être toucher par cette histoire tellement touchante où l’amour est au centre de tout : celui de Thorgal pour sa femme, bien entendu, mais surtout, mais celui, non partagé, de Shaniah pour Thorgal.
- Jamais Grzegorz Rosinski n’avait livré jusque là une prestation aussi somptueuse ; c’est tout simplement magnifique !
- Ah, les descentes dans le royaume des morts ou aux enfers ont toujours la cote et, franchement, comment ne pas être captiver par celle-ci !?
- Mine de rien, pas mal l’idée de voyager dans le temps pour parvenir dans le royaume des morts.
 
Points Négatifs :
- S’il fallait trouver un défaut a cet album, disons que la couverture n’est absolument pas a la hauteur de son contenu ; dommage tout de même…
 
Ma note : 8,5/10

lundi 19 juin 2023

Thorgal – La Galère Noire


Thorgal – La Galère Noire
 
Thorgal et Aaricia ont trouvé refuge chez des paysans avec lesquels ils travaillent dans les champs. Avec l'aide de son cheval, Thorgal apporte une main d'œuvre non négligeable et Aaricia enceinte peut se reposer en toute tranquillité. Les moissons sont terminées et tout le monde se retrouve pour un grand banquet. Thorgal laisse sa femme se reposer tandis qu'il va faire un tour avec son cheval sur la plage. Il rencontre alors la jeune Shaniah qui souhaite lui parler. En fait, elle lui demande de partir loin d'ici avec elle. Surpris par cette déclaration, Thorgal refuse évidemment : il est d'abord marié avec Aaricia, qui attend, de plus, un enfant. De colère, Shaniah lance soudain du sable dans les yeux de Thorgal, avant de s'enfuir avec son cheval. Alors qu'elle chevauche en direction du village, un homme la désarçonne pour lui voler à son tour le cheval. Le lendemain matin, au village, Thorgal raconte à Aaricia sa petite mésaventure avec Shaniah. Il sort voir Caleb, le père de Shaniah pour lui expliquer le comportement de sa fille. Soudain, arrivent des hommes en armes...
 

Thorgal – La Galère Noire
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Grzegorz Rosinski
Couleurs : Grzegorz Rosinski
Couverture : Grzegorz Rosinski
Editeur : Le Lombard
Genre : Heroic Fantasy, Science-Fiction
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : mai 1982
Nombre de pages : 46
 
Mon avis : 
Après un excellent troisième tome de Thorgal, je veux, bien entendu, parler des Trois Vieillards du Pays d’Aran, épisode indépendant de la saga,  nous abordons, avec La Galère Noire, le premier volet de ce que les fans du héros nordique ont surnommés La Trilogie de Brek Zarith, celle-ci étant encore considérée de nos jours comme étant l’une des meilleures de la série dans son ensemble, chose qui ne pouvait qu’éveiller ma curiosité. Ainsi, ici, Thorgal et sa compagne, Aaricia, qui, pour rappel, est enceinte jusqu’au cou, ont trouvé refuge dans un paisible village et se sont mêlés a la population locale, aidant aux travaux des champs. Cependant, si le couple semble baigner dans le bonheur, l’on sent bien que celui-ci est apparent : Thorgal, même heureux de partager une vie plus simple auprès de son aimée et dans l’attente d’être père, n’en éprouve pas moins le besoin, comme le dit son épouse, de « bouger » sans cesse. Un désir de partir à l’aventure refoulé ? Non, selon notre héros, mais une adolescente, Shaniah, amoureuse éconduit l’a bien compris. Le problème, c’est que par vengeance, Thorgal se retrouve bien malgré lui forcé de redevenir un homme d’action : fait prisonnier sous de fausses accusations, il se voit devenir galérien aux mains du fils sadique de Brek Zarith, un puissant roi local. Et les événements à venir seront assez violents – sur ce point, on ne rigole pas dans ce quatrième tome, et si ses prédécesseurs n’occultaient pas la mort et la violence, ici, l’on atteint des sommets – et même tragiques, jusqu’à un final inattendu, où notre héros va devoir se livrer à un duel digne d’un western face à l’un des protagonistes les plus charismatiques apparus jusque-là dans la série : Iarl Ewing, a la psychologie assez bien travaillée par ailleurs. Ceci étant dit, force est de constater que La Galère Noire est un bon volet de Thorgal et ce, même si, personnellement, j’ai une préférence pour son prédécesseur, Les Trois Vieillards du Pays d'Aran. Par sa noirceur et son intensité dramatique, Jean Van Hamme nous offre là une histoire assez différente des précédentes mais toujours aussi captivante, ici, l’on sent bien que la saga part dans d’autres directions et le côté « nouveau cycle » n’est pas pour me déplaire. Pour ce qui est des dessins, l’on sent une petite évolution chez Grzegorz Rosinski, cependant, tout cela fait toujours assez « old school » et pourra déplaire à une certaine partie du public actuel, plus habitué à un style plus tape a l’œil – mais que je peux parfaitement comprendre. Quoi qu’il en soit, par son intrigue, ses protagonistes et son coté très sombre, La Galère Noire nous prouve une fois de plus que, décidément, les débuts de Thorgal sont de fort bonne qualité, mais aussi, justifie un peu le coté culte de la chose depuis quatre décennies. Cependant, malgré cela, une petite incohérence scénaristique vers la fin a failli gâcher tout cela : le père Iarl Ewing à beau être balèze et charismatique en diable, ça prend quand même du temps de revenir à la nage jusqu'à la côte, d'engager des mercenaires et de massacrer tout un village. Thorgal a peut-être profité du drakkar de Jorund pour s'organiser une croisière festive ou quoi ?
 

Points Positifs
 :
- Avec La Galère Noire, nous abordons en fait le début d’une trilogie, excellente au demeurant, celle de Brek Zarith. Bien évidement, du coup, celle-ci se doit d’être jugée dans son ensemble mais pour un début, c’est plus que prometteur.
- Nous avons là le tome le plus sombre depuis les débuts de la saga : les morts sont nombreux et, accessoirement, on a même droit à un massacre de masse. De plus, les sentiments humains détestables comme la jalousie, l’envie et la vengeance sont omniprésents.
- Thorgal lui-même n’échappe pas a un coté un peu plus sombre car malgré ses grands idéaux de liberté et de justice et son amour pour sa compagne, on le sent bien avoir la bougeotte et aspiré a l’aventure.
- Iarl Ewing est sans nul doute l’un des meilleurs personnages apparus depuis les débuts de la série, et, accessoirement, le plus marquant de cet album : charismatique en diable, cruel mais possédant des valeurs, on est à mille lieux du méchant de base sans personnalité.
- Le duel final entre Thorgal et Ewing avec son coté western assumé.
- Les dessins de Grzegorz Rosinski, bien entendus, désormais excellents.
 
Points Négatifs :
- Mais quelle énorme incohérence scénaristique a la fin : le temps que Thorgal regagne la cote et le village (qui ne devait pas être bien loin), Iarl Ewing a eu le temps de… rejoindre la cote a la nage (sic), trouver et engager une troupe de mercenaires, fondre sur le village et massacrer ses habitants puis, interroger la gamine amoureuse de Thorgal et patienter jusqu’à l’arrivée de ce dernier… Un peu tiré par les cheveux tout cela, n’est ce pas !?
- Que le monde est petit : même quand des vikings attaquent la galère où se trouve Thorgal, ce sont ceux de son village !
 
Ma note : 7,5/10

mardi 13 juin 2023

Thorgal – Les Trois Vieillards du Pays d'Aran


Thorgal – Les Trois Vieillards du Pays d'Aran
 
Thorgal vient d'épouser Aaricia. Comme le veut la tradition nordique, ils quittent leur village vers de nouveaux horizons. En chemin, ils rencontrent un drôle de petit personnage se nommant Jadawin. Il leur souhaite la bienvenue au pays d'Aran et les emmène dans son village, près d'un lac, car il s'y déroule une fête. Sur place, l'ambiance est très étrange. Les villageois semblent tristes. Ils arrivent alors devant un magnifique collier accroché par quatre cordes. Aaricia remarque la beauté de la pierre et demande à Jadawin ce que c’est. Il semble que ce soit le collier de Thjazi, mère de tous les elfes des forêts. Celui qui libèrera le collier à l'aide d'une seule flèche deviendra roi. Pour Thorgal, couper ces quatre fils d'une seule flèche lui paraît impossible, mais Aaricia pense autrement. Elle emprunte une flèche et coupe simplement les quatre fils pour s'emparer du collier. Soudain, les villageois clament leur bonheur à la vue d'Aaricia portant le collier. Ils semblent tous hypnotisés et veulent s'emparer d'elle. Thorgal tente de fuir avec Aaricia, alors qu'une étrange barque fait son apparition sur le lac...
 

Thorgal – Les Trois Vieillards du Pays d'Aran
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Grzegorz Rosinski
Couleurs : Grzegorz Rosinski
Couverture : Grzegorz Rosinski
Editeur : Le Lombard
Genre : Heroic Fantasy, Science-Fiction
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : janvier 1981
Nombre de pages : 46
 
Mon avis : 
Nous en sommes donc au troisième volet de la saga Thorgal, œuvre du duo composé de Jean Van Hamme pour ce qui est du scénario et de Grzegorz Rosinski pour ce qui est des dessins, et celui-ci, intitulé Les Trois Vieillards du Pays d'Aran, est le premier que l’on peut qualifier d’indépendant puisque, pour la toute première fois, le récit tient en un seul album. Pourtant, a bien des égards, il n’en reste pas moins comme étant indispensable pour la suite et fait apparaitre, pour la première fois, bon nombre d’éléments qui ne cesseront de revenir tout au long de la série : concept des univers parallèles, premier voyage dans le temps, absence de moments heureux entre les protagonistes principaux – Thorgal et Aaricia – ou plutôt qui ne sont pas montrés au lecteur ainsi que la première apparition de la Gardienne des Clés. Ensuite, l’intrigue en elle-même, si, de prime abord, ne parait pas être transcendante, est assez bien trouvée et réussi à tenir en haleine de bout en bout ; fourmillant de bonnes idées, comme ce village où est censé se déroulé une fête mais où tous les habitants, grisâtres, tirent des gueules de trois kilomètres de long, la résolution de l’énigme du collier, tellement évidant mais encore fallait-il y penser ainsi que le concept même des fameux vieillards et de leur apparente immortalité, force est de constater que ce troisième album de Thorgal, non seulement ravira les amateurs du héros du grand nord, mais qu’en plus, il pourrait plaire aux autres, peu familier de la série de celle-ci en tant qu’album indépendant qui se lit parfaitement sans posséder une connaissance de l’univers de Thorgal. Du coup, la lecture n’en fut que plus agréable et je dois reconnaitre que, mine de rien, Les Trois Vieillards du Pays d'Aran est une sacrée bonne BD, ne serais ce que pour son intrigue. Bien évidemment, il faut savoir remettre les choses dans leur contexte et se dire que le style et les dessins accusent un peu leur âge, après tout, cet album est vieux de trois décennies, et que, du coup, certains des plus jeunes d’entre nous pourront trouver cela un peu vieillot. Personnellement, cela ne m’a pas gêné le moins du monde, c’est probablement dut à mon âge et au fait que je suis un habitué de ce style « ancien », mais je conçois parfaitement que cela ne soit pas l’avis de tout le monde. Dommage, car c’est du tout bon ! 

Points Positifs
 :
- Première aventure indépendante du long, très long cycle de ThorgalLes Trois Vieillards du Pays d'Aran se démarque d’entrée de jeu par le simple fait que l’on peut lire cet album sans posséder une connaissance approfondie de la saga et que, du coup, il pourra plaire aux néophytes.
- L’intrigue peut apparaitre un peu simpliste en 2015, cependant, celle-ci n’en reste pas moins plutôt bonne voir même captivante dans son ensemble. De plus, tout cela fourmille de bonnes idées.
- L’album des premières que ce troisième tome : univers parallèles, voyages dans le temps, apparition de la Gardienne des Clefs, etc.
- Si, sur les deux premiers albums (particulièrement le premier), on pouvait encore avoir quelques doutes sur le travail de Grzegorz Rosinski, ici, il en est tout autrement et les planches sont tout bonnement magnifiques !
- Excellente idée que l’explication donnée pour la quasi-immortalité des Bienveillants.
- Mine de rien, l’énigme au début de l’histoire est d’une simplicité incroyable mais encore fallait-il la trouver !
 
Points Négatifs :
- Bien évidement, il faut être réceptif a un style narratif et a des dessins franchement old-school. Ceux de ma génération n’y verront aucun problème, pour les plus jeunes, c’est un autre problème…
 
Ma note : 8/10

jeudi 8 juin 2023

Thorgal – L'Île des Mers Gelées


Thorgal – L'Île des Mers Gelées
 
Aaricia se prépare à épouser Thorgal. Elle contemple son village une dernière fois du haut de la falaise, avec son amie Solveig. Soudain, deux aigles gigantesques surgissent dans le ciel en tournoyant autour d'elles. Pendant ce temps, les hommes du village et Thorgal jouent à un drôle de jeu. Un aigle énorme est attaché à un arbre. Chacun leur tour, les hommes tentent de le tuer à l'arc. Au même moment, les deux aigles gigantesques foncent sur Aaricia et l'un deux la capture dans ses serres. Solveig prend la fuite afin de prévenir le village. Les hommes poursuivent leur petit jeu jusqu'au tour de Thorgal qui libère l'oiseau avec une flèche. Björn, le frère d'Aaricia est furieux, car il voulait abattre cet oiseau. Il menace alors Thorgal, quand Solveig arrive pour les avertir du drame. Thorgal regarde le ciel et aperçoit les aigles qui suivent le fjord. Il monte sur son cheval pour les suivre, tandis que les hommes embarquent à bord de leur drakkar. Cependant, Thorgal ne peut rattraper l'étrange navire sans rame sur lequel les aigles se sont posés. Il part alors avec ses compagnons vikings sur leur drakkar...
 

Thorgal – L'Île des Mers Gelées
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Grzegorz Rosinski
Couleurs : Grzegorz Rosinski, Gaétan Georges
Couverture : Grzegorz Rosinski
Editeur : Le Lombard
Genre : Heroic Fantasy, Science-Fiction
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : janvier 1980
Nombre de pages : 46
 
Mon avis : 
Après m’être lancer finalement dans cette grande saga de la bande dessinée franco-belge qu’est Thorgal, comme on avait put le voir il y a de cela quelques jours, intéressons nous donc à présent au second volume de la saga, intitulé L'Île des Mers Gelées. Celui-ci est la suite directe de La Magicienne Trahie et l’on retrouve donc des personnages et un univers avec lesquels on commence à se familiariser, mais tout l’intérêt de cet album repose indéniablement sur la révélation finale, par Slive, la fameuse Magicienne Trahie, des origines mystérieuses de Thorgal. Personnellement, ce fut une surprise pour moi, m’attendant probablement a ce que celle-ci ne survienne que plus tard dans la série, mais quoi qu’il en soit, elle ne le fut pas tant que cela : comme je vous l’avais expliquer lors de la critique du premier tome, je connaissais un peu le fond de la série depuis quelques années, ainsi, tout ce coté fantastique, cette Atlantide non nommée mais dont on soupçonne l’existence passée dont est originaire ce fameux peuple des étoiles (peut être pas sous ce nom mais on voit d’où vient l’inspiration), ces fameux être venus du ciel, que l’on prend pour des Dieux et qui renvoient immédiatement a toutes les théories, farfelues ou non, de paléocontact tant en vogue dans les années 60 et 70 ; bref, tout un tas d’éléments et de théories dont se sont inspirées les auteurs de Thorgal et qui ne pouvaient, indéniablement, que me plaire. Je savais où je mettais les pieds avec cette série, et sur ce point, je ne fus pas déçu, bien au contraire. Mais si le fond m’a plut, quand est-il de la forme, tout aussi importante et vitale pour l’intérêt global de la chose ? Et bien elle est bonne, tout simplement. Déjà, les dessins ; la première chose qui saute aux yeux, et après avoir vu une couverture assez semblable de part sa construction a celle du premier volume, c’est que les dessins de Grzegorz Rosinski se sont nettement améliorés de part la finesse des traits et la précision, bien évidement, cela reste ce que les plus jeunes d’entre nous surnommerons de la « bande dessinée a papa », et l’ensemble fait indéniablement vieillot, mais si l’on sait passer outre le style, ce n’est pas vraiment un problème, même si je ne suis pas forcement objectif en disant cela vu que j’ai l’habitude de la chose. Cependant, avoir l’habitude ne signifie aucunement que je ne préfère pas un style plus moderne ; disons plutôt qu’il faut savoir que tout cela date de 1980, et que depuis, il a coulé beaucoup d’eau sous les ponts. Quant au scénario, sachons reconnaître la maitrise de Jean Van Hamme qui nous offre la une excellente intrigue, de meilleure qualité que lors du premier volume qui était surtout un assemblage de courtes histoires, et assez captivante de bout en bout : ainsi, le lecteur est vite pris, malgré la simplicité apparente de l’histoire, dans cette course dans le grand nord, a la recherche de la promise de Thorgal, entre trahisons, coup de théâtres, combats et révélations. Le tout, bien évidement, baignant dans un décor polaire, où pointe une technologie anachronique et de vieilles légendes qui plairont aux habitués du genre. Bref, Malgré un coté old-school, il est indéniable que L'Île des Mers Gelées est une excellente bande dessinée qui certes, s’inscrit dans un cycle et qui sans lui, ne vaut pas grand-chose, mais qui se démarque de part son importance dans celui-ci, ne serais ce que pour sa révélation finale quant aux origines de Thorgal qui entrainent forcement la série vers un coté où se mêlent la SF et la Fantasy, genres bien distincts de nos jours (malheureusement) mais qui flirtaient ouvertement il y a une trentaine d’années. Mais ne vous méprenez pas, ce deuxième Thorgal ne vaut pas uniquement pour ses dernières pages et ce que l’on y apprend, son histoire, même si elle a un peu vieillit, n’en demeurant pas moins de qualité et méritant le détour.
 

Points Positifs
 :
- Ce second tome de la série est en fait la conclusion du dytique mettant aux prises Thorgal à Slive, la fameuse Magicienne Trahie du premier volume. Deux volumes forcément liés et qui se doivent d’être lu ensembles.
- Bien évidement, ce que le lecteur retiendra le plus, ce sont les surprenantes révélations qui clôturent cet album et qui éclaircissent le passé de Thorgal : on avait compris que celui-ci n’était pas un viking mais de la a imaginé qu’il était issu d’une civilisation venue des étoiles (avec un soupçon d’Atlantide), c’était une autre histoire…
- Justement, le bon vieux temps où Fantasy et SF se mêlaient sans le moindre problème !
- Indéniablement, le sieur Grzegorz Rosinski s’est grandement amélioré depuis le premier tome ; d’ailleurs, l’évolution est même visible entre les premières pages de ce second volume et les dernières.
- Certes, le tout a un peu vieilli, cependant, scénaristiquement, malgré un coté par moments vieillots, cela se lit toujours aussi bien.
- La version de 2022, celle possédant la colorisation de Gaétan Georges mérite le détour et il est intéressant de faire la comparaison avec l’œuvre originale qui apparait daté sur ce point.
 
Points Négatifs :
- Il est indéniable que l’ancienneté de la chose est le principal défaut que certains pourront trouver a cette BD : suivant que vous soyez habitués ou non au style de l’époque, celui-ci passera… ou pas, et ce, tant scénaristiquement que pour ce qui est des dessins.
- Certes, de part mon âge, cela ne me pose guère de problèmes de lire les premiers albums de Thorgal, cependant, je reconnais que par moments, c’est un peu convenu, surtout pour ce qui est de la personnalité des personnages, ceux-ci étant plutôt simplistes.
- Grzegorz Rosinski a fait des progrès, certes, mais il fera encore mieux par la suite.
 
Ma note : 7,5/10

vendredi 2 juin 2023

Thorgal – La Magicienne Trahie


Thorgal – La Magicienne Trahie
 
Par un froid glacial, au bord de la mer du nord, un guerrier conduit un homme enchaîné vers son ultime demeure. Il va être attaché sur un rocher, à marée basse, avant d'être lentement gelé, puis noyé par les eaux. Cet homme, c'est Thorgal Aergisson, fils adoptif de l'ancien chef viking et condamné pour simplement être tombé amoureux d'Aaricia, la fille de l'actuel roi viking Gandalf-le-fou. Tandis que Gandalf retrouve son navire et ses hommes, Thorgal supplie les dieux de ne pas le laisser mourir ainsi. A cet instant, une femme borgne accompagnée d'un loup vient lui faire une étrange proposition. En échange de sa liberté, elle lui demande une année entière de sa vie, à son service, sans discuter. Thorgal ne peut qu'accepter son offre pour pouvoir un jour accomplir sa vengeance contre Gandalf. Quelques jours plus tard, Thorgal et la mystérieuse femme cheminent dans la neige vers les montagnes. Ils arrivent alors en vue d'une tour qui se trouve au sommet d'un pic. La femme explique à Thorgal ce qu'elle attend de lui afin qu'elle puisse, elle aussi, assouvir une vengeance…
 

Thorgal – La Magicienne Trahie
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Grzegorz Rosinski
Couleurs : Grzegorz Rosinski, Gaétan Georges
Couverture : Grzegorz Rosinski
Editeur : Le Lombard
Genre : Heroic Fantasy, Science-Fiction
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : janvier 1980
Nombre de pages : 46
 
Mon avis : 
Cela faisait quelques d’années que j’hésitais à me lancer dans Thorgal ; a la fois attirer par l’ambiance, le contenu et la qualité de cette œuvre, j’avais un peu peur de devoir me taper l’acquisition d’une trentaine de volumes par la suite. Mais bon, après moult hésitations et un énième feuilletage en magasin, je me suis enfin procurer le premier volume de la saga, paru en 1980 déjà, et intitulé La Magicienne Trahie. A celui-ci, les auteurs ajoutèrent un court récit du héros nordique, un poil plus récent, Presque le Paradis. Mais commençons par le début, et donc, par les débuts de la saga… Indéniablement, ce qui choque les yeux tout d’abord lorsque l’on découvre le premier volume de la saga Thorgal en 2023, c’est les dessins ; « ah, c’est de la bonne vieille BD a papa ca ! », comme on n’en fait plus. Et si je m’attendais, avant coup, a un truc ressemblant par le style a Rahan (allez donc savoir pourquoi ?), j’eu la surprise, en voyant les planches de cet album, de constater que celui-ci lorgnait plus du coté des comics américains de la même époque. Certes, par la suite, le style évoluera rapidement et l’on retrouvera plus un coté « franco-belge », comme on peut le voir dans le second récit Presque le Paradis, plus tardif (mais je ne sais pas de quand il date, enfin, je n’ai pas cherché non plus), mais pour ce qui est des débuts de Thorgal, indéniablement, c’est le cas. Alors bien évidement, ce style fait « vieillot » et accuse franchement son âge de nos jours, mais bon, si vous passez outre ce dernier, dites vous au moins que Grzegorz Rosinski livrera des planches sublimes par la suite. Mais bon, outre les dessins, il y a le plat principal, l’univers de Thorgal, et la, si depuis la parution de ce premier tome, on en a vu et revu et s’il a perdu de son originalité, je dois reconnaître que celui-ci m’a enthousiasmé d’emblé : se déroulant dans un moyen-âge imaginaire, l’action se situe dans le grand nord, chez les vikings et cela nous permet de sortir du carcan si lassant a force où semble enfermer la Fantasy depuis Tolkien, celle avec des elfes et des gobelins, des dragons et des ogres, des chevaliers, des magiciens et tout plein de bons sentiments. Dans Thorgal, place au grand nord, à la neige, aux légendes où l’on côtoie Odin, les Valkyries et Siegfried, place a un autre univers, moins utiliser par les auteurs, ce qui nous apporte un changement salvateur et agréable. Et encore, ce n’est qu’un début puisque la suite de la saga ira beaucoup plus loin et lorgnera même du coté du fantastique pur et dur (et oui, il m’arrivait de feuilleter Thorgal de temps en temps), mais pour le moment, nous n’en sommes pas la. Ainsi, ce premier album nous présente les personnages, Thorgal, si différent de ses semblables et dont on devine qu’un mystère rode sur ses origines, aux prises avec le chef des vikings, Gandalf-Le-Fou (tient, il est plus magicien celui-là ?) qui décide de se débarrasser de lui. Sauver par Slive, la fameuse Magicienne Trahie, notre héros doit donc accomplir une quête afin d’assouvir sa vengeance, et là, on a droit a des combats fulgurants, des trahisons, des objets magiques et des révélations, dans la ligne droite de ce que l’on trouve d’habitude dans le petit monde de l’Heroic Fantasy. Il est clair que dit comme cela, La Magicienne Trahie n’a pas l’air d’être un récit vachement original, mais bon, c’est le premier volume d’une très longue saga, qui s’apprécie sur sa globalité (et qui accessoirement, n’est pas achevée !) et que, vu que cette BD date d’il y a plus de trente ans, il faut savoir relativiser nos impressions et nos comparaisons avec d’autres œuvres bien plus récentes. Quoi qu’il en soit, et malgré des dessins franchement vieillots, j’ai apprécié ce premier récit et quelque part, c’est ce qui compte. Dans l’édition que je possède, il y a une histoire courte, Presque le Paradis, qui se lit comme une aventure indépendante de notre brave et ténébreux viking ; et là, en toute sincérité, j’ai encore plus accroché que pour l’autre : bon, déjà, question dessins, c’est le niveau supérieur, mais ce n’est pas la raison principale de mon enthousiasme puisque le scénario, où Thorgal se retrouve dans une espèce de lieu fermé, où le temps s’écoule différemment selon les dires de ses habitantes, et où le lecteur ne cesse de s’interroger, ne sachant plus qui croire, ce, jusqu’au superbe coup de théâtre final est un petit bijoux qui mérite le détour. Bref, vous l’avez compris, Thorgal à trouver un nouvel admirateur, c'est-à-dire, moi-même. Bien évidement, il faudra attendre que je lise un nombre plus conséquent d’albums, que je voie un peu où tout cela va mener pour que je me fasse une opinion plus précise de l’œuvre, cependant, pour un premier tome, je trouve que cette Magicienne Trahie est d’assez bonne facture et laisse présager des lendemains enchanteurs.
 

Points Positifs
 :
- Les débuts de l’une des bande dessinées franco belges les plus marquantes des trois dernières décennies : originale pour son concept qui mêle habillement Heroic Fantasy et SF dans un univers de vikings – avec, bien entendu, tout ce qui tourne autour de ces derniers comme les dieux, les créatures mythiques, etc. – Thorgal se démarque nettement de la concurrence, souvent trop conventionnelle.
- Un premier tome qui permet de faire la connaissance des protagonistes, de l’univers et où on comprend que les origines de Thorgal sont un peu mystérieuses…
- Le second récit qui complète ce premier tome, Presque le Paradis, est bien plus intéressant : plus récent, avec un  Grzegorz Rosinski qui livre une prestation que l’on peut qualifier de superbe, on prend un plaisir certain à la lecture, surtout pour le final, un peu prévisible mais réussi.
- La version de 2022, celle possédant la colorisation de Gaétan Georges mérite le détour et il est intéressant de faire la comparaison avec l’œuvre originale qui apparait daté sur ce point.
 
Points Négatifs :
- Il est clair que les dessins de La Magicienne Trahie sont plus que vieillots : Rosinski fera bien mieux par la suite (d’ailleurs, on le constate tout de suite dans Presque le Paradis) mais là, ce n’est pas du tout ça… et puis, on dirait du comics de l’époque, c’est-à-dire, franchement bof de nos jours.
- Même scénaristiquement, la série montera en puissance au fil des tomes mais bon, on dira qu’ici, c’est un tome de présentation des personnages et de l’univers…
 
Ma note : 7/10